du temps des héros….

Gros plan sur le galbe parfait de sa jambe s’effilant jusqu’au talon aiguille. Le rai disparut prestement dans la zone d’ombre libérée par l’ouverture de la portière…

La belle me glissa un biffeton vert en même temps que le chauffeur me repoussait rudement en fermant la portière.

– « J3ayba, bois un coup à ma santé… ! »

ce furent ses seuls mots…

La voiture souleva un petit nuage de poussière en démarrant. Je guettais, en vain un dernier mouvement de tête me ramenant l’espoir d’un dernier regard jeté en arrière, maintenant un semblant de bout de mémoire dans sa perte de connaissance.

Il y a bien longtemps que j’avais perdu la mienne…

Et chaque jour j’essayais de la retrouver en décapant mon intérieur. Vie de misère que ne m’aies tu fait chien ! J’aurai pissé mon amertume sur les pieds de ces princes du bitume où le conte de fée résonne sa vacuité entre le tic tac doré des rolex et les mandibulages dégoulinants de mille et un big mac…gloire au sundae qui fond comme le cul d’une soubrette sous la chaleur d’un billet bleu valant mille billets doux. La vertu n’est plus chère et ça se croit beau et ça se sent belle et ça pue le foutre limitant l’amour à son acte copulant.

Et je danse et je tourne quand le tournis se fait dense, sire rocco des rues, chevalier des poubelles. Mon royaume est regard où s’abreuve le ciel de millier d’étoiles. J’ai le pouvoir de me fondre dans les murs, ombre invisible de la nuit que les regards traversent sans apercevoir…
Il y a bien longtemps que j’ai perdu connaissance mais je sais que je la retrouverai au fin fond d’un coma éthylique. J’ai le regard persan qui traverse mille et une nuits comme une fable traverserait la mémoire d’un enfant, et derrière leurs beaux costumes, leurs robes blanches affichant l’artifice en plage de chair, leurs rires entendus dans une fausse bienséance, j’aperçois les âmes chétives de ces croquignolets qui paradent dans un simulacre d’humain

Dans mes rots, enfouis dans mes tripes, il y avait mon cœur…

Et je tourne et je ris attendant le jour où tu seras déchue pour enfin me voir

car de la vie

Je suis la mémoire…

 

J3ayba…le noir

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2 réflexions sur “du temps des héros….

  1. Le pédagogue :

    Tes divagations se sont poursuivies, alors que tu attendais aux urgences, que quelqu’un te mette à la morgue.
    Tu pensais à un attroupement, à des tambourins, à des tuniques et à des babouches, alimentant un tapage exotique, avec une foule bigarrée en transe.
    Atteinte d’agitation aiguë, d’emportements brusques, de débordements incontrôlés, une hystérique faisait n’importe quoi pour se faire voir.
    Sur un banc, un mec et une sainte nitouche proche de la ménopause, se tripotaient.
    Un peu plus loin, allongé près d’un arrêt d’autobus, un clochard, les jambes écartées, la main sur le bas ventre, ronfle à côté d’une bouteille d’alcool vide, en face d’une publicité mettant en relief le cul « libéré » d’une « femme de demain ».
    Par terre, le titre d’un article de journal appelle à « continuer la guerre pour la civilisation »
    Des colombes prennent leur envol.
    Un chien aboie.
    Tes divagations ont pris fin.

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