et la parole fuit

montagne

 

 

 

 

Une montagne de paroles…

Des lignes où il suffit de se baisser pour les prendre…

Mais je reste coincé à l’ubac des mots entre la crête acérée d’une douce conjugaison et le pas assez composé d’un verbe…

Je reste le qualificatif de l’adret, là où je voudrai atteindre le profond de la page pour que l’avalanche s’en vienne

Et tant pis si elle m’emporte

La mort est muette si ce n’est le pleur de ceux qui restent, mais chacun son tour n’est-ce pas ?

Nous arrivons en pleurant accueilli par des rires de joie

Nous partons, souriants, en faisant pleurer les autres…s’il en reste assez nous ayant aimé. Gérondif d’un présent où l’amour se conjugue au passé

Naturelle revanche où l’écriture se résume à l’épitaphe

Une montagne de paroles
N’ayant pas su s’écrire…

Publicités

8 réflexions sur “et la parole fuit

  1. Si on savait exprimer tout ce qu’on ressent à l’instant, on serait surement dieu ou un truc approchant, l’important c’est l’émotion qu’on ne contrôle pas, la corde qui vibre … quelque soit la dimension. Peu importe les mots pour le dire, l’intention, le souffle … parfois la parole n’est qu’une bouée inutile ou un travail inachevé … la souffrance non plus n’est pas utile. Il y a tant de choses à dire à propos de ces quelques lignes que … j’y reviendrai à tête reposée …

  2. la mort c’est le silence, alors toute parole semble artificielle. C’est justement dans ce silence que l’on peut percevoir la part en nous de celui qui est parti, ce qu’il nous a laissé et l’amour se conjugue pour toujours au présent. C’est une graine plantée, il fait partie de notre jardin, même en poussière ses fleurs ensemencent notre terre et sont aussi poussées vers d’autres par le vent. Accompagner celui ou celle qui passe d’un état de vie à un autre définitif celui là … nous semble-t-il … alors qu’il ne définit que la fin du connu… cet accompagnement ne se fait pas par les mots mais par le coeur et l’esprit. En paix dit on, soyons la paix, ne retenons rien qui puisse la troubler par un chagrin, somme toute égoiste, celui d’être laissé seul face à cette échéance. Tous ces mots que tu n’as pas écrits avaient ils besoin d’être écrits ? Combien de couches sédimentaires composent ta montagne de mots ? Et tu ne voudrais faire trembler que la neige au sommet ? Et puis quel est le plus important écrire ou penser ? Dire ou ressentir ? Tu vois il y a ceux qui regrettent les mots en trop d’autres les mots en pas assez. Peut être qu’on en demande trop aux mots c’est ainsi qu’on les rend lourds de sens ou de silence. Libère ta parole, elle passera d’un versant à un autre, l’érosion apporte de la douceur aux crêtes les plus acérées … laisse tes mots libres de toute exigence il ne vont pas t’ensevelir, ils vont voler …

  3. en relisant ton ancien billet, d’un mot à un autre, je suis tombée sur ce texte – une apologie du bavardage, on dirait – et qui m’a réjouie … 🙂

    Dans ce monde abstrait du virtuel
    à la précarité des rencontres
    irréelles, nous n’avons que la force des mots pour tenter d’exprimer ce qui en nous est beau.
    Je joue des mots pour qu’ils se fassent lecture et procurent à qui veut bien les saisir un plaisir qui dure.
    Les chinois disent que le mot chien ne mord pas et que le mot source ne désaltère pas! Permettez moi de dire que sans la parole
    nous ne serions que des êtres sans rôles condamnés à faire errer nos âmes dans les affres d’un silence infâme.
    Alors n’hésitez pas! parlez! le langage nous confère cette conscience objectivante, source l’évolution, de prise sur le monde.
    Mais il peut aussi devenir source d’erreur donc de souffrance.
    De ce fait vous n’éviterez pas d’être contrarié, alors un seul contrat riez!
    Riez de la contradictoire idée que le fait de « n’avoir qu’une parole » nous hisse obligatoirement sur le piédestal du respect imposé par le sérieux manque de langage.
    N’avoir qu’une parole est l’apanage des conformistes
    confinés dans l’étroit champ d’un terrain pauvre en paroles.
    Dans ma musette les paroles sautillent, virevoltent et frétillent en une folle farandole
    chantant pour qui les cajole l’hymne à la vie.

    Alors n’ayez plus peur des mots c’est le meilleur remède contre tous les maux et de ce fait ne soyez plus sot en pensant que de trop parler il vous arrive d’être taxé du genre idiot!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s