Famme je vous aime

the_lounge_ladiesComment décrire chez l’homme la perception de la femme sans tomber immanquablement dans l’outrecuidance d’un jugement par contumace ?

 Ô narcissisme masculin pourquoi même en tenter l’interprétation là où il est juste besoin d’acceptation de l’autre dans son entière altérité ?

 Décrire c’est encore juger et quel besoin de le faire sinon asseoir, encore et toujours, la suprématie d’un sujet qu’obnubile son propre attribut, encore fusse-t-il toujours capable de conjugaison harmonieuse ou d’harmonie conjugale…

 Comment aborder studieusement le sujet féminin sans l’enfermer d’une part, en thèse, et lui tendre de l’autre, presque insidieusement, la béance d’un manque de frontières morales ouvrant la voie à toutes les utilisations possibles et inimaginables de ce corps céleste et si leste à enfourcher les dérives inconscientes d’un mâle-être somme toute humain ?

 Comment, dans un monde en perte de repères, inscrire le relationnel du genre en dehors des jalons fatalistes de la dualité ? Pour l’exemple, nous avons tellement abusé de cette juxtaposition du voile à la nudité que ça en est devenu caricatural. Ce fusionnement du libre dans l’emballage du voilé n’est qu’une manifestation cutanée de cette ineffable et maladive inconscience de la majorité à appréhender inexorablement les choses dans cette dualité trompeuse. Continuer à mesurer  la zone d’action de la liberté de la femme à l’aune de son étoffe reviendrait certainement à faire peu cas de son essence spirituelle, ramenant ainsi son amas-zone corporel au niveau du steak tatare…

 Sans doute faut-il cesser de faire admettre à chaque chose un contraire. La femme n’est ni le contraire ni la contrariété de l’homme, tout comme le bien n’est pas le contraire du mal mais juste son absence,  tout comme concave n’est pas le contraire de convexe mais son complément. Un peu comme les signes du yin et du yang s’imbriquant l’un dans l’autre pour signifier que seul l’ensemble est parfait…

 D’où nous vient alors ce besoin irraisonné de définir « fatalement » le féminin quand aucune remise en question ne vient effleurer la certitude « masculine » ?

 On dit souvent que les hommes doivent construire leur masculinité ; et si les femmes avaient, elles, a gagner déjà leur humanité ?

 Christian Bobin écrit : « Les hommes ont peur des femmesC’est une peur qui leur vient d’aussi loin que leur vie. […]  La différence entre les hommes et les femmes n’est pas une différence des sexes mais des places. L’homme c’est celui qui se tient à sa place d’homme, qui s’y tient avec lourdeur, avec sérieux, bien au chaud dans sa peur. La femme c’est elle qui ne tient dans aucune place, pas même la sienne, qui papillonne, toujours disparue dans l’amour qu’elle appelle, qu’elle appelle… »

 Et que répondre à cet appel sinon cette naturelle formule : « famme je vous aime » en laissant tomber le « e » de l’exclusion et de l’éviction car oui, et n’en déplaise à monsieur Freud, la femme ne souffre pas de son absence de pénis comme la psychologie masculine à toujours tenté de nous le faire croire, mais bien de son absence de « a » …l’absence d’une certaine qualité d’amour.

Nb: billet initialement posté sur le magazwine en ligne QANDISHA

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3 réflexions sur “Famme je vous aime

  1. A la bonne heure ! Serais-ce la fin des hostilités ? Aîe, aîe, aîe va falloir que je trouve autre chose pour continuer à te titiller…hahaha, merci, mon ami, pour ce joli billet…ça nous change un peu des formules incantatoires…:) Un petit bémol cependant : les femmes, n’ont pas « à gagner leur humanité », elles Sont « humanité » et par essence, elles en sont l’incarnation même …!
    c’est qu’elles sont à l’origine de tout, au cœur de tout, en tant qu’elles donnent la vie et s’évertuent à la préserver…Leur seul souci c’est de construire : construire une famille, construire une vie meilleure en érigeant – quand elles sont aux commandes du pouvoir – des écoles, des hôpitaux, en favorisant l’éducation et en luttant contre la pauvreté et l’exclusion…et en cela, elles sont porteuses d’une vision différente, plus humaine, de nature à changer le monde et pour le meilleur….!!
    Je ne suis pas d’accord avec Christian Bobin quand il nous dit que « La femme, c’est elle qui ne tient dans aucune place, pas même la sienne, qui papillonne, toujours disparue dans l’amour qu’elle appelle, qu’elle appelle… » c’est enfermer, là encore, la femme dans des stéréotypes et des clichés erronés et contre lesquels tu t’es insurgé avec force au commencement de ton billet…Les femmes ne sont certainement ni plus « papillons » ni plus volages que les hommes…des papillons, on peut en trouver et dans les deux sexes et c’est pas pour autant qu’on dira que c’est La caractéristique des femmes…en tout cas, s’il arrive qu’elles le soient ça n’est pas par nature, mais par contingence, mues qu’elles sont par cette quête d’un « amour de qualité », que tu évoques dans ce billet… 🙂 😉

  2. Idiotes utiles serait plus approprié que « agents conscients, de l’impérialisme occidental » la conscience relevant d’une perception aiguë de la stratégie d’instrumentalisation dont elles sont victimes…les pauvresses…

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