Passage avide…

Cette lancinante douleur qui te fait recroqueviller l’âme jusque dans le fond de verre où tu bois, encore fraîches, tes futures métastases…

De glaçon en glaçon tu voudrais bien  que le glas sonne rapidement, entre deux crachats pas assez ruminés…entre une taffe avide et un passage à vide qui te fais voir à travers les choses comme une prémonition de l’eau delà…tu voudrais bien y mettre le doigt histoire d’en vérifier le tangible à l’aune des ronds concentriques qui donnent ces belles rives au regard

La vie entière n’est qu’un frémissement que les rides racontent…

L’horizon ouvre quand même un possible où la vague à l’aile mêlée sacre l’union du ciel et de la terre…mais voilà, osera-t-on lever les voiles du probable et larguer les amarres de nos certitudes pesantes…

Jeter l’encre sur une plage blanche de qualité supérieure…disons 80 grammes, c’est déjà un périlleux voyage où l’on risque de faire la plus fâcheuse des rencontres avec soi-même…

Mais je suis soie, même dans mon âme vaporeuse où je tisse la trame fragile de mon moi imaginaire…

Le moi ne me fait pas peur puisque c’est de toi qu’il s’agit…

Un toi qui ne se résume pas au gite découvert puisque placardé en grand sur sa porte il y a marqué « essuyez vos pieds sur le paillasson »…

Du coup je n’y ai jamais osé entrer… je trimballe tant de cailloux dans mes souliers…

Je ne fais que passer avide à côté le temps d’apprendre à viser juste

Sur ma tombe que je sens déjà fleurir il y aura marqué bien évidemment rien qu’un seul mot, un tout petit mot que seule l’aile apostrophe… :

« L’HORIZON »

 

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8 réflexions sur “Passage avide…

  1. Hum, avec ou sans recul, il faut un sacré souffle pour aborder l’horizon
    J’ai entendu dire que les femmes berbères tissaient leurs chers messages dans ces enchevêtrements de laine sur lesquels on pouvait ensuite poser en douceur ses je-nous et sa théière sur le côté tapis. Côté volant c’est une histoire à 4 L et c’est bien connu, avec un clou et 2 cm de mika, on peut repartir pour 10 000 bornes . Alors je ne sais pas pourquoi ça sonne un peu comme un glas … je dis ça de ma campagne où j’ai du me rendre à l’évidence que lait de chèvre ayant des vertus hallucinogènes on lisait plutôt mal l’avenir dans les entrailles … j’ai donc mis une annonce sur Avito,ma échange lapin blanc contre patte blanche , c’est plus petit et ça porte bonheur … merci de votre patience cher hôte, je m’en vais maintenant tricoter une couverture pour l’hiver afin d’avoir chaud sans bruler tout mon bois, histoire d’en garder un peu pour les conversations au coin du feu.

    1. tu vois ça c’est le genre de commentaires que j’aime. Des commentaires qui ne se prennent pas trop la tête à chercher du sens là où il n’y a qu’âme de son état…je devrais essayer le lait de chèvre tiens… et à défaut de décoder la lecture des entrailles ça me permettra peut-être de montrer patte blanche quand la vie se fait série noire…

      1. T’inquiètes après les mauvais épisodes y a toujours les meilleurs. Tiens je vais faire cailler le lait de chèvre, histoire d’en faire un fromage affiné qui fond enfin dans la bouche. Occupe toi du pain quand même, je peux pas penser à tout non plus …

  2. Bouleversant de tristesse ! Mais, espèce de « voyeur narcissique », au lieu de verser dans la contemplation de ta tombe, que tu te complais à imaginer déjà fleurie, que ne te consacres-tu plutôt à cultiver ton jardin ici-bas en commençant d’abord par apprendre à « t’essuyer les pieds sur le paillasson », avant d’entrer dans cette maison qui pourtant t’appelle et te fascine…un geste tout simple et peut-être salutaire pour te soulager de tous ces cailloux que tu trimbales dans tes souliers, depuis toutes ces années…!! D’ailleurs, quelle importance que ta tombe soit fleurie, ou même qu’il y figure cette jolie épitaphe « L’HORIZON » que tu lui as choisie, du moment que tu ne seras plus là pour la voir ….quand tu t’en iras, comme nous tous nous nous en irons, un jour ou l’autre, tout ça n’aura plus le même sens que celui que tu lui donnes aujourd’hui …car comme dirait Alphonse de Lamartine « le soleil des vivants n’échauffe plus les morts », L’HORIZON, ton horizon, c’est ici et maintenant…pourvu que tu veuilles bien en explorer toutes les perspectives que s’offrent à toi… !!!

  3. D’ailleurs la raison d’être des paillassons c’est de décrotter ses chaussures pour avancer plus léger, on les laisse devant la porte et après on peut profiter de la maison sans avoir peur de la salir. On peut aussi laisser ses chaussures à côté du paillasson et entrer en chaussettes, les maisons sont faites pour que les orteils se sentent libres et à l’aise.

  4. @kb

    tout ça sent bon le sapin en même temps que l’automne, le vent de l’aile de la mort à l’horizon.
    tous mes voeux, mon cher, que tu périsses foudroyé, la mort d’un coup ! tu nous léguerais ainsi la carcasse calcinée de l’oeuvre de toi-même comme un totem voué au néant de la vie 😉
    les fois ou je tutoie le bon dieu, c’est ce que tente de négocier pour ma peau, je ne te souhaite pas non plus d’être interminablement transporté vers là dont nul ne sait…

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