Les héros du dimanche….

tifosGros plan sur le bord de ma tasse de thé…

Une mouche y suçote l’empreinte humide de mes lèvres

Elle roule des milles facettes d’un regard lubrique déroulant et renroulant (renrouler n’est pas enrouler…ici on ne fait pas dans l’entubage ma bonne dame…on se fait des films certes  mais on se les fait sérieusement) une trompe qui aurait rendu vert de jalousie Eustache…encore heureux que les mouches n’ont pas d’oreille, elles auraient été les premières à se raquetter  pour faire taire leurs zoum zoums.

Moi par contre j’ai de grandes oreilles et – histoire de m’astiquer le plastron devant vos regards envieux –  l’attribut du sujet qui va avec, même si souvent en matière de conjugaison auxiliaire l’être se fait plutôt avoir… la vie ne se limitant pas à se faire des câlins sur la proue d’un navire cheveux au vents, regards humides et susurrement de promesses qu’on ne se quittera jamais plus. Rappelez vous ! Même le Titanic a coulé…alors les petits rafiots de nos insignifiantes vies… Les cimetières sont pleins de gens exceptionnels. Ne poussons donc pas plus loin le bouchon du particularisme bête et méchant. C’est ce genre de narcissisme qui enfante les monstres de l’histoire.

Et côté monstres à grandes oreilles, les stades de foot enfantent hebdomadairement leurs lots de décérébrés en tout genre. Des hordes attiliennes qui après elles le verre ne repousse jamais. Ils y vont les terribles à scander leurs cris de guerre comme de gros bourdons salopant la quiétude de mon instant café dominical….un instant café plutôt thé…

Des hordes sauvages convergents vers le champ de bataille pour prendre leur revanche, à coups de pierres s’il le faut,  sur l’insignifiant de leur quotidien. La revanche des beaufs sur le système…

Nous contemplons en sirotant notre jus (la mouche et moi rappelez vous) l’exode des gnous peinturlurés vers l’abattoir des consciences, le défouloir des passions refoulées…le bloc opératoire des révolutions avortées…

J’ai toujours éprouvé une grande fascination devant la carapace bétonnée de l’esprit des petites gens…et du qualificatif de la péjoration, je ne fais point allusion au social de la condition mais plutôt à l’esprit taillé le cul en pointe d’une pensée en conglomérat fusionnel entre bêtise et passion. Tout est excès chez cette espèce prompte à hausser le ton, à faisander le verbe et outrepasser les limites de la gestuelle dans l’expression. J’étais vraiment fasciné de constater une énième fois que la bêtise était proportionnellement croissante au taux de concentration de la foule. Plus on est de fous plus on rit ne voulant certainement exprimer que cette affligeante vérité : plus on est de foule plus on est cons…

Bref, le foot, vous l’auriez sans doute compris par vous-même, ça n’est pas vraiment ma tasse de thé…

En attendant, la conne de mouche, emportée par le bourdonnement de la liesse ambiante, se retrouva en grand péril de noyade en plein milieu de ma tasse de thé. En bon pratiquant ( y parait qu’une mouche porte ses saloperies sous une de ses ailes et l’antidote sous l’autre) je l’enfonçai d’un doigt  religieusement magnanime bien profond dans le noir jus, la retirai, la suçai  laïquement et la reposai doucement sur la table. Je finis d’un trait mon breuvage, enfonçai mon bonnet à cornes sur la tête, pris ma crécelle et ma corne de brume et m’élançai en criant la mort aux rats dans le brouillard  de la foule pour donner libre cours à la canalisation de mon instinct révolutionnaire et goûter aux joies prolétariennes de cette condition de voyeur politique faisant rage dans les rangs de la plèbe…

La mouche n’en revenait pas  de tant de pusillanimité…mais c’est très con une mouche, et une mouche snob qui boit du thé ça l’est encore plus…presque autant que le système…

Publicités

10 réflexions sur “Les héros du dimanche….

  1. Hahaha…Kb !!! Cette putain de Musca Domestica vient rejoindre le canidé laborantin…dans les délires…!!!

    J’ai vu les troupes attiliennes que tu évoques à l’oeuvre après le match dans le quartier « Il l’a trouvé une femme » dit « Lka-mra » en patois local…Les tabasseurs officiels, frustrés ne pas avoir vu le match se sont rattrapés sur les hordes qui se déverser de l’arène…
    Chabakouni (ça va cogner, au début de l’Histoire comme tu le sais) était irrésistible!!!! Putain fallait voir!!!

    A tchao

  2. J’y pense l’ami! juste pour le plaisir et la franche poilade de nous autres, les deux ou trois tondus et quatre pelés… qui résistons encore comme ces cactus dit Finger Cactus dans le désert…qui semblent faire un doigt d’honneur à la putain de sécheresse qui sévit, captant le moindre atome de rosée matinale…j’arrête sinon je vais chialer!!!

  3. Mazette le Kb? as tu vu la photo de la une d’Al Massae de Nini du 18/05/2010…Elle est bien à propos et sera peut être la photo de presse de l’année 2010!!!!

    Terrifiante photo!!!

    On y voit un nain, la bouche grande ouverte et les yeux exorbités, un barbu la gueule fendue jusqu’aux amygdales, les deux en sueurs et habillés d’un T-shirt aux couleurs du Widad et portant au pas de charge, un bélier Sardi(sans doute) chacun par une patte, suivis d’une foule excitée brandissant coutelas pour le sacrifice imminent de la bête…la légende de la photo nous rappelle qu’il y a eu un mort et des blessés à Bouskoura…(??????)

  4. « … et l’attribut du sujet qui va avec … »

    La légende, et donc il te faudrait encore vérifier,
    parle du nez masculin aquilien et non des grandes oreilles, Kb.

    A part ça, l’émeute et la meute riment bien ensemble. Il y avait un temps où les sorties des églises
    footballistiques se faisaient en calme et sans incident
    quand bien meme la chapelle se trouvait en milieu urbain, en plein centre de la ville.

    C’était un temps où les parents n’avaient pas encore
    démissionné et ne se contentaient pas de se lamenter
    devant les injustices comme actuellement.

  5. @ dima

    à part ça tu te donnes à peu de frais le beau rôle mon cher, tu es mal placé je trouve pour dénoncer les démissionnaires, toi qui ne daigne même pas répondre aux commentaires qui te sont adressés.

    remarque tu préfères peut-être le temps où les parents instrumentalisaient les enfants (les leurs y compris) contre le « régime » que tu sais, le 23 mars 1965 par exemple lorsque les agitateurs de l’UNEM ont exhorté les lycéens et les écoliers à manifester, en réalité à se dresser contre l’état, en sachant pertinemment dans quel bain de sang cela s’achèverait…

    allons bon, tout ça c’est du passé, ça suffit de se crêper le chignon entre citoyens de bonne volonté : supposons donc qu’un moyen te soit donné de corriger les dérives dont tu te plains de subir les effets ? te déciderais-tu à rejoindre les rangs, pour ne pas dire le camp, de ceux qui préfèrent agir que se complaire à subir (sans doute pour mieux pouvoir s’en plaindre et le dénoncer) ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s