Les jardins suspendus…

Avenir

Un pâle soleil ruisselait sur le mur sa blafarde lumière. Pelures du temps qui battait la mesure langoureuse d’un appel à prières. Au gré des nues traversant à grandes brasses le ciel, la vie exhalait son soupir au tambour battant de nos cœurs…

Stase temporelle suspendant la ville aux mille et une voix des muezzins…

-« Allah o’akbar » murmura Momo, presque pour lui-même, en écho au céleste appel…

Des paradis perdus se suspendirent un instant sur le mur, comme le furent pendant très longtemps, sous d’autres cieux, d’autres lieux,  les jardins de Babylone…

– « Allah o’akbar » murmura à son tour Abdel…

Le temps est cruel ! Avec le recul, ères et minutes s’entremêlent ne laissant subsister d’une époque qu’un bref souvenir contenu dans l’instant…notre instant…

Le temps d’une prière…voila ce qu’a duré Babylone. Nos bribes de vies sous le mur nous paraissaient certainement beaucoup plus longues…interminables…

Momo et Abdel, légèrement crispés, avaient l’air d’attendre une approbation de ma part…

– « Allah o’akbar » murmurais-je enfin à mon tour comme pour celer le pacte tacite d’une foi commune bien cachée dans les abysses profonds de nos cœurs…

Momo, libéré, se remit à mâchouiller tranquillement son sandwich tout en fixant, non sans une certaine inquiétude, la pomme d’Adam, monstrueuse, d’Abdel. Elle montait et descendait dans un mouvement obscène au fur et à mesure de la déglutition des énormes pelletées arrachées à grands coups de dents à son sandwich…

Le temps d’une prière a duré Babylone… prière pour laquelle, encore une fois, nous manquerions forcément à l’appel…

Le temps est truelle. Il lisse l’âme ou glissent les souvenirs jusqu’au réceptacle de la mémoire présente…l’homme n’est rien de plus qu’un cumul de souvenirs…

Au pied du mur  je me souviens…

Une mosquée…

Abdel, Momo et moi-même, encore mômes,  chahutant à genoux dans le rang d’une énième prière…

Un gros coup de poing venant s’abattre sur mon dos de tout le poids réactionnaire de la foi à l’ancienne. Momo qui esquive le deuxième. Abdel me saisissant par le bras et la fuite salvatrice, les jambes flageolantes, sous l’invective outrée d’un ancien qui le temps d’un coup de poing, s’imposait en gardien du temple sous les hochements de tête, approbateurs, de toute la horde de ses cons joints….

Drôle de conception de l’enseignement religieux chez les Ouailles du coin. Depuis ce jour nous n’avions plus mis les pieds dans cette mosquée où la voie du seigneur était balisée de bien douloureuse manière…

La pomme d’Abdel…continuait son va et vient. Une psalmodie muette de  prière refoulée, conséquence certaine de ce poignant souvenir…

Etonnante image d’une foi restée en travers de la gorge…

Quittant Babylone, Je lance à Momo « ma parole, il a un rat dans la gorge !! »

–  « un rat ? Moi je crois que c’est plutôt moui Aïcha qui lui est restée en travers de la gorge…t’as vu la taille de l’engin ? » Me répond le Momo le regard brillant …un regard où se reflétait tout le désarroi des paradis perdus en jardins suspendus dont nous avions été chassés par la pureté innocente de l’enfance…

T’inquiètes Momo…on l’aura notre Eden, murmurais-je à moi-même…

La voix du muezzin qui entamait son dernier couplet modulait son appel au gré du vent. Elle baissait et remontait comme dans une génuflexion respectueuse de la beauté azur du monde…

Abdel, pour échapper à la coalition de notre raillerie, para d’une diversion…

– « t’as mis quoi dans ton sandwich Momo ? »

– « comme d’hab…fromage, œufs brouillées et tizbibit (1) »

La voix céleste se dissipait lentement sous l’œil inquisiteur de l’astre au zénith, emportant avec elle les mirages fleuris de nos rêves d’un monde meilleur…mais ils reviendront…ils revenaient toujours, en même temps que la voix…

La pomme d’Abdel continuait son va et vient…

Des éclats de voix d’une dispute entre voisins nous parvenaient entrecoupés des bruits de nos mandibules…

Tant de pépins sur terre…pour une histoire de pomme défendue…

La pomme allait et venait….

Momo s’arrêta tout à coup de mâcher en retirant d’un geste sec quelque chose de sa bouche. La main levée à hauteur de son nez, il regardait la petite forme noire maintenue entre son pouce et son index…elle bougeait…

– « dites moi les gars !…est-ce que tizbibit (1) ça a des pattes ? »

– « bien sûr que non Momo…une olive ça n’a pas de patte… » Lui répondis-je…

La pomme s’arrêta brusquement de danser…Abdel se retenait de pouffer de rire…

– « merde !…ben chai pas trop ce qu’il a mis Omar dans mon sandwich !…. »

Un pâle soleil ruisselait sur le mur sa blafarde lumière.

Pelures du temps qui battait la mesure langoureuse d’un appel à prières.

Au gré des nues traversant à grandes brasses le ciel,

la vie exhalait son soupir au bruit de nos mandibules,

d’une histoire de pomme

et d’un rêve babylonien accroché au mur de toute la force des petites pattes d’un fruit dé-fendu qu’on appelait tizbibit (1)….

© lambdaoui

(1) tizbibit : olive noire un peu sèche…ce qui lui donne une texture fripée

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25 réflexions sur “Les jardins suspendus…

  1. Quand le ciel embrasse la terre comme pour humer la senteur dé-robée de cette fichue pomme, bazars ébranlés par la force des coups de butoirs d’un tonnerre sans amortisseurs, le jardin de la foi s’embrase en nuées enflammées épousant la voûte de nos cœurs en bas pylônes du regret en travers de nos gorges. Et le voeu en cette débâcle de la chose glacée se meut vers un simple souhait, Ô tizbibit quand fondras tu, toi la fripée frappée d’apostasie quand de ton noyau banni surgit la patte du destin !

  2. Kb, ta muse inspires la « pointe aux pitres » et les incitent à du pire ne cuver que le titré. « Lethal Âge » ! Tu culmines, en un seul mot of course :), sur un sommier fait de lauriers césariens mais, comme le vaurien que je suis est rapace, c’est à tire-d’aîles que j’essaierais de te rejoindre, par envie d’air pur, d’horizons lointains et de vastitude 🙂 Alors si tu aperçois un corbeau blanc monter vers toi, doucement sur la gâchette du tromblon, il t’apporte une huile d’olives olympiennes tout droit extraite d’outre tombe 🙂

  3. kb, chais pas pourquoi ni comment mon inconscient me dit que ce conte à qq chose en commun avec un autre mais de Lauzier cette fois-ci : ‘les sextraordinaires aventures de zizi et peter panpan’:)

    je te savais auteur de pamphlets controversés et savants, à succès bien entendu, mais cette fois, kb (alias le dindon) t’as crevé le plafond! :)’les jardins suspendus’ risque fort bien d’ameuter les fanatiques, je les entend déjà scander par milliers dans les rues :
    Horreur! Sacrilège! ce foutu conte à été minutieusement piégé par le satané KB voulant transgresser la mosquée et notre religion par ses visions sataniques ! qu’Allah soit loué ! qu’une fatwa soit lancée au plus vite contre lui, que son nom soit rajouté juste après celui de salman rushdie 🙂 en effet, comme seul le grand kb sait tisser les mailles de contes piégés, il se cache dérrière la poésie et les murs ocres non pas trois banbins

    encore heureux que le minaret ne s’est pas effondré sur la mosquée! il y a de quoi:) hélas, les minarets ne s’effondrent que sur les innocents !:) (allah yerhemhoum)

  4. euuuh, il fallait lire, en effet, comme seul le grand kb sait tisser les mailles de contes piégés, il se cache dérrière la poésie et les murs ocres non pas trois banbins, mais la représentation de trois adultes de 18 ans et + dont l’un aurait pu être ‘rocco siffredi’, ayant tous les trois voulu transgresser et violer la mosquée !

    merci de rectifier ! 🙂

  5. Ce texte aurait droit a une fatwa ça lui ferait une promo plus meritée ke ne la été celle de Rushdie , Alors a qd la publication?

  6. Yug, le tromblon est réservé aux dindons déplumés qui se parfument au benjoin de bouya omar (coucou benji) et qui aiment bien venir jeter le discrédit sur l’étendue didactique de nos remontés à travers la mémoire… 🙂

  7. benji, vu qu’il pleut des minarets en ce moment je peux dire que ce coup de poing du destin m’a sans doute sauvé la vie :))))))

  8. Lectrice, ben c’est déjà publié puisque vous pouvez le lire à l’œil (et plutôt deux fois qu’une) ici même

    maintenant si vous préférez payez pour le faire je mettrai un petite boite en fin de course de la blogroll. Vous pourrez y glisser une petite pièce après chaque lecture…pour la bonne cause bien entendu…celle de faire crever de faim ces rapaces d’éditeurs 🙂

  9. moi jeter le discredit ?!!! voyons ! au fait kb, je suis admiratif de l’hommage que tu rends à la mémoire en général, chui justement en pourparlers avec un architecte pakistanais pour l’édification de quelques monuments à ma mémloire (mausolée, musée, observatoire, piste de transe, muret de lamentations…etc) sauf que j’ai prévu de léguer mon réel trésor; mes couilles-amulettes.. à une personne que je choisirais sur des critères spirituels strictes !

    je t’invite toi et Yug à relever ce défi, et composer chacun un texte-hommage à mes joyaux suspendus 🙂 qui sait l’un de vous deux pourra remporter le concours et devenir l’heureux gardien de mes deux ! 🙂

    et croyez pas que vous allez abuser de ma générosité aussi facilement !:)

  10. Kb Le Medium, en abrégé KLM (ça foutra les boules à la RAM), depuis ton fumeux billet sur « l’élévation par le bas » jusqu’à ce concept d’Eden suspendu à la « Dame aux clés », mon petit oiseau me susurre que tu es soit un possédé de la tragi-comédie soit un réel devin dispensé de potion d’extra-lucidité. J’invite donc les zotorités connepétantes à créer un comité de lecture de ce blog pour prévenir les catastrophes « évitables ».

    Benji le bien couillu qui s’adresse pour une fois directement à ma personne avec un courage étincelant, j’aurais relevé le défi avec une noble perversité si j’avais encore de la place pour y loger ton trésor… Je sors donc de la queue 🙂

  11. Yug, c’est chouette à toi de sortir de la queue :))))….je pourrai donc ajouter à mon collier de griffes d’ours, celui fait des couilles-amulettes de benji. Ainsi je donnerai l’image d’un vrai gourou…j’ai même une kalach pour faire encore plus nature :)))))

  12. « Quand Gourou fait caca, lâche lui les bourses ou tu finis en collier » 🙂 Maxime yugurtine illustrant « la chute des nations ».
    Vu que son excellentissimus Benji n’a pas pris la précaution d’aligner plus que deux candidats, Kb remporte le trophée par forfait, quoi que « sortir de la queue » suppose d’abord d’y entrer et je ne lui connais qu’une sortie possible 🙂
    Allez je retourne à mes tizbibits 🙂

  13. euh kb, tu savais toi que Yug en français, ça veut dire : comité de lecture ? 🙂

    cher Yug, je te remercie d’avoir pris le temps de lire jusqu’à la fin mon humble avis sur la question… aussi, je te conseille de pas trop forcer sur la tizbibite, tu connais les conséquences…et le remède radical fait de bois rond et d’huile de tizbibite.. dont on dispose pour soulager la constip !:)

    franchement Yug, que de nations ont chuté dans le creux de mon siège en porcelaine ! et dire que j’ai rien fait pour les sauver en tirant la chasse ! 🙂

    bon les gars calmez vous là… ce texte ne m’a pas plus ! c’est mon droit non ! ça ne diminue en rien mon admiration pour le gourou du blog… ni mes sympathies pour son valet le zozo à mille têtes ! 🙂

  14. benji…elle doit être EEEEnorme ta cuvette, l’ustensile y siégeant ne pouvant être qu’à l’image de ta grosse tête…:)

    promis juré, la prochaine fois je te conterai l’histoire de Nancy agram et des sept mains qui l’emprisonnèrent dans la « silicon valley ». Ce blog a déja perdu Dima, il ne voudrait pas te perdre aussi :))))

  15. Les 1000 têtes du « valet zozo » sont rassurées, un moment j’ai crains que Maître Benji, que je surnomme Le Nejib Marocain, ne cède à son goût immodéré du naufrage par auto-sabordage, mais il nous en restera au moins la tête (je me disais aussi que les bijoux avaient déjà coulé, le « défi » camouflant une opération suicide de renflouage) 🙂

    Je prends note que Kb nous prédit le « kid napping » et le gang bang de Nancy dans 7 jours. Si cela aussi se réalise, tu ferais mieux de déguerpir vite fait, tes méninges vaudront plus que de la cervelle de hyène 🙂

  16. Les hommes prétendent avoir existé, ils mentent, ils inventent, ils se souviennent disent-ils ! moi, je ne me souviens de rien ! les murs qui ceinturent la ville, les cris d’hirondelles, les couleurs du ciel, foutaises ! rien de cela n’a existé ! et le chat abandonné, si je m’en souviens ! mesquin, rasant le mur, presque à l’agonie, il méprisait sa vie, qui en voulait et à quoi bon ? et puis sauver un chat, quelle idée ! un repas pour le chat et un autre pour le pauvre disent-ils ! une aumône pour la veuve et l’orphelin ! veuve de qui et orphelin de quoi ?! les hommes se nourrissent de désespoir, entretiennent la cruauté ! la charité est symbolique, elle apaise la conscience, en petite monnaie.., ce qui compte c’est souffrir, se souvenir… disent-ils !

    Moi, je suis né à l’aube et je mourrais cette nuit ! j’ai vécu des milliers de vies ainsi, et je ne saurais vous raconter celle d’hier ! ce matin encore, je courrais les chemins et les sentiers, insouciant, fragile, mais heureux. mon enfance fut courte car à midi, j’étais devenu l’homme que je redoutais, je suis tombé amoureux ! à 1 heure, dans une pièce supérieure et intime d’un fort andalous, au raz de l’atlantique déchaîné, ma moitié gisait au milieu du lit, recouverte à moitié, comblée, mais malheureuse à l’idée que je la quitte déjà ! moi à la fenêtre de la pièce, je contemplais l’assaut violent des vagues, je désirais conquérir le monde… pour elle me disais-je ! au fil des heures, ma vie fut bousculée, à 4 heures, je maudissait cette vie, je dilapidais ma fortune, et je reniais mes amis, et à 5 heures, je prenais mon sac, et je quittais ma terre pour une autre ! et ainsi, j’ai changé de terre autant que je pouvais, persuadé que je vaincrais les hommes, que je changerais leur sort ! les illusions sont pires que les souvenirs !

    Au crépuscule de ma vie d’un jour, ma vie s’est assagie, mais le doute à cédé la place à la peur, à l’angoisse, je pense à mes enfants qui naîtront et mourront en un jour… seront-ils assez forts pour affronter la vie, auront-ils la chance que j’ai eu ? enfin, l’avenir des plus jeunes est mon unique souci, le passé m’importe peu, le présent est une courte opportunité, et le futur se doit d’être meilleur, sinon la vie ne sert à rien !

    Ne me demandez pas de me souvenir, car je ne me souviens de rien ! une vie peut basculer en une fraction de seconde, à quoi bon se souvenir ? sauf si vous me dites que j’ai eu raison d’aimer, que j’ai eu raison de vivre comme j’ai vécu, et que l’amour d’hier se doive d’être éternel…

    approches donc un peu espèce de comité de lecture 🙂 dis moi encore qu’en faisant caca, je symbolise la chute des nations 🙂 !

    Benji…hurluberlu à ses heures crochues…en chasse au yug à mille têtes, et vidant son sac chez le marabout 🙂

    euuuuh, t’inquiètes kb, dima est toujours dans les parages je crois… il doit être sacrément rancunier comme le chameau de ma grand mère pour nous fausser compagnie de la sorte… on lui pardonne ou quoi ? 🙂

  17. Benji qui fait bien de ne pas se retourner, oublie le rétroviseur, la puanteur de mon haleine te suffira-t-elle, toi le prédateur à présent traqué par les mille et un démons hilares du com’mité, tire donc cette chasse en une obole aux intestins avides de « renouveau » en leur inceste 🙂

    De ta tirade à boulets rouges, le « valet retro’satanas » ne retiendra que la sagesse d’une phrase sublime « l’avenir des plus jeunes est mon unique souci » qui, à elle seule, mérite une profonde révérence à ton expiration de « Ben gicleur ».

    A toi une récompense, histoire réelle de bateaux vétustes remorqués à grande peine pour être coulés au large d’Agadir, l’un d’eux décroche et s’en va dériver vers la jetée du Palais, « horreur et damnation » me dis je alors puis il apparut sur le pont, énorme, les poils dressés sur l’échîne, la bave aux babines lubrifiant ses canines, sa noirceur tranchant sur le gris métal des rambardes en acier rouillé, ce chat mâle voué au naufrage me sembla tout droit sorti du cauchemar d’un chaman, personne parmi notre équipage n’osa l’approcher alors que nous accrochions in extremis l’étrave du bateau fantôme pour le ramener à son fatal destin. Les rats nageaient vers la plage, lui abhorrait l’eau et, perché sur une défense, lorgnait vers la passerelle que nul ne daignait lui tendre.
    Rassure toi Cher Benji, « des coeurs les plus durs jaillissent les sources les plus pures », le chat n’est pas mort et j’ai un nouveau compagnon.
    Par gratitude, il épargne mes souris et s’en est allé cette nuit chasser sur les toits de cette démarche ivre propre aux marins débarqués 🙂
    Humanité quand tu nous tiens 🙂

  18. Sans doute les pages d’une vie ne sont pas assez profondes pour une blessure aux entrailles. « L’effet mer » d’une vie que vient syncrétiser l’encre sous nos pattes de mouches à petits mots. Les grands re-made de l’histoire sont pourtant un mal nécessaire pour s’en guérir de l’avenir. Les jeunes à venir seront toujours un peu plus vieux que nous puisque ils sont le réceptacle de nos temps passés,nos tant présents et, notant l’avenu, je continuerai, de temps à autre, à m’arrêter pour cueillir une fleur et tourner la tête vers mon pas assez passé qui me tenaille toujours pour crier: ô temps, lave « venir » de ses relents passés pour que le présent des gens à venir soit un peu plus brillant…
    Qui n’a jamais été n’aura rien à offrir….

    dur à chier le tizbibit….

  19. sinon Benji ta petite histoire sur la vie éphémère d’une mouche à merde m’a rappelé ce très joli poème de Laabi

    deux heures de train

    En deux heures de train
    je repasse le film de ma vie
    Deux minutes par année en moyenne
    Une demi-heure pour l’enfance
    une autre pour la prison
    L’amour, les livres, l’errance
    se partagent le reste
    La main de ma compagne
    fond peu à peu dans la mienne
    et sa tête sur mon épaule
    est aussi légère qu’une colombe
    A notre arrivée
    j’aurai la cinquantaine
    et il me restera à vivre
    une heure environ

  20. Yug! mille babords ! par les pouvoirs qui me sont conférés sur les royaume d’atlante, et rendant grâce aux esprits immérgés des anciens dont celui de l’illustre et crainte ‘Aisha el Bahriya’, je te nomme grand Amiral! et ton rescapé compagnon Vice-Amiral de l’ordre du cha-man 🙂 …je m’inquiètes à présent pour ton intégrité mentale pour devoir loger chez toi ce charmant félidé… dont la valeur spirituelle aurait fait exploser sans doute les cours du gris-gris de l’afrique subsaharienne, faisant miroiter des présidences et des royaumes à biens de candidats désespérés 🙂

    parcontre, je t’en veux un peu pour avoir coulé tant de vaisseaux qui si je ne m’abuse doivent reposer par les fonds, privant ainsi d’innocents rongeurs de résidences balnéaires sécurisées.. c’est injuste ! n’y a t’il que les rongeurs tels les banquiers et autres grippe sous qui aient droits aux résidences balnéaires ? 🙂

    Kb, tout d’abord, je tiens à rassurer le dindon suceptible que t’es que ton texte m’a au contraire beaucoup touché, et c’est justement parce qu’il a eu sur moi cet effet ‘nauffrage dans le souvenir’ que j’ai pas hésité à jeter ‘le discrédit’ à ma façon, tu connais mes talents pour la diversion 🙂 et comme t’as pu le constater, j’ai fini par me sentir obligé de pondre un texte (pas mal hein..):) pour objecter cette thèse du souvenir…sans doute qu’il n’a pas besoin d’être une blessure aux entrailles comme tu dis, car un souvenir peut à mon humble avis être plus profond ou douloureux qu’une blessure…surtout quand tu t’amuses à remuer les fonds… et t’inquiètes mon dindon, à force de remuer les abysses, tu risque de te retrouver nez à nez avec le compagnon de Yug; le vice-amiral en poil et en os 🙂

    au fait, grâce à Yug, cette histoire à des allures de mutinerie, et j’en suis responsable ! 🙂

  21. Benji l’étrange esprit qui jamais ne rase, je me serais volontiers contenté du titre de « Grand Ami », râler n’est pas ma tasse de thé.
    Gare à l’intégrité mentale des 1000 têtes, je m’évertue à maintenir ce troupeau dispersé pour ne pas avoir à subir les foudres de leur mutinerie soufrée, la mode est au complot ce que les tétrapodes sont aux quais.
    Les coques coulées servent à présent de refuge 5* aux céphalopodes, pélagiques et crustacés qui s’y abritent de la voracité des squales.
    Il m’est terriblement ardu d’être « sérieux » mais je t’avoue que ton style est cocasse, musclé et que manies l’équivoque avec un brio alléchant.
    Le sombre félin s’est déjà débrouillé un territoire et les copines qui vont avec. J’ai remarqué trop tard qu’il n’a pas de queue en l’observant cette nuit se dandiner langoureusement sous la pleine lune vers la mosquée du coin.
    Le hic, c’est que ce matin, le toit n’est plus à sa place…
    Au plaisir de vous relire 🙂

    Signé : Le con casseur musqué 🙂

  22. benji magnifique texte !! kb désolée mais pour moi c’est plus de la régression c’est la récession demi sourire contrit

    en même temps pour un joli revers il faut bien envoyer un coup droit

    banjo tes mots n’auraient pas pu être les mien mais je m’y reconnais ou aimerais pouvoir m’en reconnaitre; le souvenir est pour moi aussi ce point de départ de la justification de l’être de ces echecs mais aussi de ces réussites comme tu le dit c’est souvent pour l’autre les autres que l’on souhaite à la fois améliorer l’avenir commun et le présent , en fait c’est peut être pour cela que le changement est si rare car il n’y a de nescéssité individuelle perceptible par l’autre sans qu’il s’en défie surtout quand il n’en comprend pas le détachement a ce qui est le soutient de chacun : l’interêt immédiat et égocentré.

    il faut donc concilier les deux quitte a égratinier ce que l’on voudrais être , et puis certains souvenir sont comme un alcohol il font remonter à la surface ce que l’on est en état premier parfois un enfant; parfois , parfois un revanchard , juste un Homme le partage du souvenir ce traitre c’est dépecer ce que l’on croit qui nous a fait pour se rendre compte que c’est nous qui les fimes choisissant de se mémorer l’un à la place de l’autre notant scrupuleusement ce que l’on savais inacceptable souhaitant surement avoir un jour a agir différement et finalement a force d’évocations l’on appelle à la recréation de ce soi dans le souvenir de l’autre que l’on cré dans l’instant par une lutte qui semble vaine a l’enfant.

    alors on s’échine a épurer son esprit à poetiser le présent quitte a ce que la réalité nous rattrape et nous remonte à la gorge et vomissant nos conflit entre ce que l’on souhaite et ce qu’il en est nous traine au fond entre deux courants.

    Le souvenir c’est le ça l’idéal le sur moi il n’es que le présent pour être soi.

  23. Luce, je me souviens (hu hu hu…n’en déplaise à Benji et à toi) d’un livre de Vercors – les animaux dénaturés – où il était justement question de ce grand questionnement (l’homme est à l’image de Leblase…il se pose beaucoup de questions…enfin certains…)
    Le livre en question, et si je redonde ainsi c’est juste pour souligner l’étendue de cette question, commence par cette citation de de D.M Templemore (manque juste harry potter mais ça c’est encore d’autres souvenirs…plus récents) :

    « Tous nos malheurs proviennent de ce que les hommes ne savent pas ce qu’ils sont, et ne s’accordent pas sur ce qu’ils veulent être ».

    Une citation qui révèle en quelque sorte l’ambivalence du questionnement à propos de l’homme vu que l’on se place de fait dans cette fameuse situation d’encadreur encadré, juxtaposant ainsi deux plans qu’aucune loi rationnelle ne vient mettre en corrélation. D’une part, les hommes n’ont pas l’intuition de ce qu’ils sont et d’autre part, c’est à eux de se définir mais ils n’y parviennent pas vu que chacun ou presque détient sa propre définition de l’homme.

    Ainsi Benji voit l’homme comme une mouche à la mémoire aussi éphémère que le vit la vie de l’attribut du sujet…lui en l’occurrence. Une vision que tu sembles partager même si ton sujet se conjugue, certainement de plus agréable manière que celle de l’affreux Benji (j’ai le droit de fantasmer non ?) à ces autres attributs qui font que même en philosophie, la femme reste toujours un sujet sur lequel on aime toujours bien s’étendre (ça me démangeait de la placer celle là ))

    Pour ma part j’achoppe grandement sur le fait que l’homme ne puisse se décliner qu’au présent. Je resterai enclin à prétendre que ce n’est là qu’une infime partie de ce qu’il pourrait être. L’enfermer ainsi dans cet espace-temps volatile par essence, le réduirait grandement à passer à côté à côté de son avenir….

    Luce, le passé de Benji est jonché de chausses trappes, d’oubliettes fangeuses, d’actes inavouables, de sombres alcôves et autres monstrueux méfaits sur lesquels la mémoire ne peut que bâtir une lourde chape pour les empêcher de remonter à la surface et altérer la brillance de son petit attribut de luciole …mais il est vrai qu’il reste très brillant dans le noir présent 🙂

    Très heureux de te lire par ici…

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