Régionalisation….ça se GATT !…

«Aussi avons-nous décidé, avec l’aide de Dieu, d’amorcer une nouvelle phase dans le processus continu des réformes globales que nous conduisons, en lançant la dynamique d’une régionalisation avancée et graduelle, englobant toutes les régions du Maroc, avec à leur tête la région du Sahara marocain »

Sa Majesté Mohamed VI,

lors du discours royal du 33ème anniversaire de la marche verte

Si l’intention de départ de cette volonté royale fut d’ordre politique, contournant l’impasse autodéterminante des provinces sahariennes elle n’en fut pas moins une aubaine pour les décideurs de l’économie mondiale en manque de gattisation  extensive

Dès lors nous n’avons cessé de subir sans relâche le matraquage médiatique reprenant en boucle les bienfaits d’une telle démarche, brossant à coups d’adjectifs dithyrambiques toutes les fructueuses retombées économiques corollaire à cette décision, le but de certains n’étant certainement pas la volonté initiale de la décision royale.

Que l’on nous présente  cette « régionalisation » comme une voie incontournable, que d’aucuns se feront vite fait d’assimiler comme la seule voie possible, pour l’édification d’un Maroc compétitif, n’en exclut pas moins le devoir de prendre toutes les protections nécessaires afin que le placebo ne tourne à quelque frelaté solution détournant l’entreprise de son sens initial à la faveur d’un déséquilibre des institutions.

Il n’existe pas de système parfait dans l’absolu, et nous n’avons jamais été mieux placé qu’en ces temps historiques où tous les systèmes connus et mis en pratique jusqu’à présent ,aussi bien politiques qu’économiques, sont en train de s’effondrer les uns après les autres.

S’il est vrai que la régionalisation engendre quelque chose de véritablement neuf sous le soleil elle n’en véhicule pas moins les dangers méconnus de la phagocytose de l’état-nation par des institutions communes plus vastes parallèlement à la délégation de l’autorité démocratique aux échelons inférieurs.

Je ne suis pas contre l’idée de la régionalisation mais j’achoppe grandement sur la façon de présenter la chose en solution « parfaite » et surtout sans présenter les risques relatifs aux différentes dérives qui pourront venir se greffer dans la mise en œuvre du processus de régionalisation.

Toute solution présente des avantages et des inconvénients et il serait judicieux de placer les gardes fous nécessaire afin que l’entreprise ne déboule purement et durement sur un simple démembrement politique de l’état afin de permettre une grande perméabilité de l’économie nationale pour les lobbies étrangers.

Dans ce but, il serait intéressant de savoir jusqu’où ira le transfert du pouvoir politique de l’état vers les régions. La région état (enfin je devance un peu les choses en la nommant ainsi) se parera-t-elle d’une autonomie politique de plus en plus grande dans les domaines qui touchent l’administration, la justice, les systèmes bancaire et postaux ou encore l’éducation, cette dernière devenant de plus en plus – quoiqu’en disent les autorités officielles – une éducation régionale ?

Ces instances politiques régionales seront-elles  conduites à traiter directement avec les instances supranationales en court-court-circuitant l’autorité nationale ?

Autant de questions donc auxquelles devront répondre les artisans de cette régionalisation afin de dissiper les doutes sur l’intention purement « humaniste » de cette entreprise afin qu’elle puisse s’ériger en valeur fédératrice de la diversité nationalité génératrice de bien pour tous et non aboutir en final à dériver vers le cauchemar d’une « yougoslavisation » généralisée, d’abord économique,  de l’état, et très vite politique avec tous les dommages collatéraux corollaires…

kb

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5 réflexions sur “Régionalisation….ça se GATT !…

  1. Vent d’Etat des « clean boys », j’en retiens que la faveur divine détermine tant la décision que l’intention ou le voeu de bien faire.

    Cette expression-clef dans le discours royal souligne les points d’union des Peuples-Nations du Maroc qui, faut-il le rappeler, renoue avec son destin d’Empire Africain.

    L’Islam ancre la vision du Souverain qui, lui même, cristallise l’essence de notre identité supra-régionale et syncrétise la communauté de notre « futur ensemble ».

    Donc, mon opinion est qu’il n’y aura pas davantage de balkanisation que celle que subit déjà notre révéré Maghreb avec ses frontières factices voire utopiques.

    Si l’exemple Marocain est de nature à inspirer des dynamiques similairement pacifiques ailleurs sur le portour sud méditerranéen, qui s’en plaindrait ?

    Les ex-nations colonisatrices ? Elles sont absorbées par leur décadence…

    Les églises expansionnistes et prédicateurs en pleine crise prédicatrice ? Toutes et tous ne sont que des bergers hébergés sur La Terre de Dieu dont La Volonté ne connait pas de dérogation.

    Kb, permets nous de devenir optimistes, on en a ras le bol du stoïcisme…

    Vive la liberté !

    Signé: Le confit turc adepte de la « confit dance »

  2. Et puis pourquoi pas? Beaucoup de pays, appelés pays fédéraux fonctionnent de la sorte.

    Fédéral ou pas, c’est à l’autorité suprême de céder les pouvoirs. Céder la justice et la fiscalité seraient un peu trop cynique et improbable. Les Etats Unis et la Belgique sont des pays fédéraux. Je ne sais pas pour les américains, mais les belges, vivent leur plus grande crise culturelle de tous les temps, les deux principales régions, Wallonie et Flandre, se battent, et les wallons, plus riche que leurs voisins, revendiquent plus de pouvoirs, notamment en matière de sécu sociale et fisc…

    Je crois que la priorité est de sortir le Sahara de son non-droit, en régionalisant, avant de soucier des problèmes du futur.

  3. Le processus classique envers la régionalisation, de la part d’un état à culture centralisée, est double:
    D’une part il délègue autant de charges fixes qu’il le peut sur l’autorité régionale; d’autre part il augmente son contrôle politique, parfois aussi administratif, sur la région.
    il s’agît donc très souvent pour l’administration centrale de créer un coupable à ses propres lacunes, car sans autonomie économique véritable (ce qui veut dire ne pas seulement reposer sur la part de pizza des subventions, mais pouvoir générer gains et dépenses) les régions demeurent totalement vassales.
    c’est ce qu’on appelle une opération cosmétique.

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