La page blanche…

allez! en prime vous avez le droit de subir mon dernier direct sur aswat…c’était un vendredi 13…février 2009 :)…gaffe tout d’même…le parlé est une espèce d’espéranto dérivé du gaulois de l’arabe et d’un ancien patois punique…

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Un matin un peu plus pâle, un peu plus banal que tous les autres, je retrouve la pièce à peine éclairée où je me livre périodiquement au voyage dans le temps …

Y entrer comme si c’était la première fois…

Je m’assois sur le zafu…en réalité, un fauteuil Ikéa mais faites comme si hein…petit coussin rond où l’on «s’assoit simplement sans objet».

Chaque fois apporter la même attention à la posture, sans habitude sans automatisme, l’à priori refoulé tel un mauvais gaz vers le scrotum de la pensée, prêt à être chassé à la moindre incartade de vouloir imposer ne serait-ce qu’un soupçon de son préétabli…

Non madame, non monsieur ! On ne remonte pas le temps avec ses boulets de certitudes attachés aux pieds du moi. Il y a déjà assez de cailloux dans nos karmas sans devoir y rajouter ces couches bétonnées où l’esprit aime bien reprendre pied histoire de croire aux flatulences de son tangible.

Les doigts, presque vierges sur le clavier j’attends le déclic, sûrement planqué à fleur d’écran sous le blanc pixélisé de la page qui, vicieuse, prenait tout son temps pour m’avaler en suçant ses 17 pouces…

Après une dizaine de minutes d’assise silencieuse, une sorte d’impatience nouvelle comme un désir de me lâcher dans mon froc se fait ressentir. J’ai la sensation d’être dans l’obscurité, au sommet d’un escalier que je souhaite descendre mais dont j’ignore la hauteur des marches. Quelque chose en moi veut aller plus bas mais une peur inexplicable sourd insensiblement. J’en conclus que je ne peux pas laisser cela se faire au risque de glisser du fauteuil (Ikéa rappelez vous…pour une fois que je me fais payer pour une pub…crise oblige) qui me sert de zafu. Pourtant ce plus loin continue de m’appeler bizarrement jusqu’à la fin de ma tentative de pénétration de la blanche page…mes dix doigts étant des nains…pensée parasite pense-je à cet instant ramenant l’idéation de cette métaphore au stade évolutif d’une méta pensée…du genre métastase qui te broute l’encéphale de manière très bovine…faut pas s’étonner des trous de mémoires après n’spa…

On est samedi 14 février…14 heures et quelques poussières de temps qui tictaquent en s’écrasant sur le sol…Valentin ne m’inspire pas des masses…desquelles pourtant bat mon cœur l’amour avec un grand bah…

L’après midi de ce même jour est torride. L’été enroule son épaisse chaleur autour de chaque branche que le chant des cigales scie à étourdir. L’air immobile s’alourdit d’une clarté insolente et malgré le post à vous pondre qui m’attend, je décide de m’allonger un moment dans la pénombre de la maison…vous ne comprenez pas la différence de température et de l’autre côté de votre écran vous vous gelez les chocottes …je sais …mais rappelez vous…je remonte le temps….hé hé

Les volets sont presque clos, laissant s’écraser mollement sur le carrelage quelques rais de lumière fatigués d’eux-mêmes. Etendu sur le sol, je goute cette fraicheur presque liquide lorsque ce même désir de descendre s’empare de mon bassin, de mes jambes (non esprit mal intentionné ! je n’ai point la prostate…je fais juste des crises de métaphores)

De nouveau cette appréhension, comme au bord d’un vide inexploré. Cette fois pourtant, je ne peux pas tomber, je suis déjà complètement par-terre !…

Je vois soudain, avec une terrible évidence, ce qui se tient en moi, accroché à je-ne-sais-quoi comme un petit rat désespéré au bord d’un précipice. Je vois ma peur, une peur archaïque, ontologique. La peur du moi peut-être, de rencontrer l’inconnu, le tout autre qui me connaît déjà puisqu’il m’appelle.

Dans un « expir », je fais confiance, j’accepte de me lâcher « dans la main de Dieu »… « fi yedd Allah » comme on dit chez nous…je me surprends moi-même à évoquer cette image. Une brèche s’ouvre, avale ma peur et soudain tout est simple.

Je suis nu, buée transparente dans la coupe de la vie qui me reçoit…

Comme la page, qui s’ouvre profonde, reçoit l’encre brumeuse de mes remontées du temps…

Et traversant ma PEUR, l’acceptant, pour vivre l’espace d’un instant une vision PURE de ce qui nous transcende, je traverse la page de ma mémoire d’encre…syncrétisme du temps…de mon temps que je vous raconte d’un plaisir toujours renouvelé….

kb….remonte pente des blanches pages

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21 réflexions sur “La page blanche…

  1. C’est drole : j’ai toujours cru que tu écrivais meme lorsque tu n’étais pas connecté.
    J’imaginais tes tiroirs pleins à craquer de petits essais, de contes et autres nuages
    d’encre peuplant tes petits cahiers blancs et voilà que tu avoues que lorsque tu n’es pas là,
    ici chez toi dans ton blog, tu n’es inspiré nulle part…

  2. Hum! Quelle merveille que de vous découvrir par ce beau matin printanier! Par la voix sur les ondes chaleureuses d’Asswat, puis par l’écriture. J’espère que ça sera une belle rencontre et comme on dit chez nous  » mhabba dayma » (sourire). Bref, le jeune annonciateur n’a pas tort, vous êtes une belle plume.
    Si je peux oser un petit commentaire sur les paroles de « dima », je trouve que la vraie inspiration provient de cette descente vertigineuse jusqu’aux tréfonds de nous-même, de notre intériorité. De là on peut constater que le temps n’est qu’une illusion car elastique , une sorte d’espace floue et pourtant si net si limpide…

  3. Bonjour KB,
    Waaayli, moi sa mémoire d’encre j’en prendrai tous les jours. Mais, le KB se fait avare ces derniers temps ou est-ce moi qui par dispersement ai oublié de le lire.
    Quant au projet, paroles paroles j’attends toujours.
    KB, always a real pleasure, ta plume est inégalée.
    Mwah

  4. Dima…figures toi que je vis quand je ne suis pas sur le blog…étonnant non? :)))…mais bien pratique tout de même car sinon je n’aurai pas grand chose à raconter

  5. Bravo, trés cher thé rat peuthe, fissurer son cocon oncologique n’appartient qu’aux braves.
    Flagrante incitation à vivement comparaître émanant du Sain d’Esprit.
    D’abord, tu nous rappelles tendrement que « la peur n’élimine pas le danger »…
    Ensuite c’est le glas de « L’As au noir » qui s’abat sur le tapis rouge, tocsin des veûles et oracle « pa pa pille au nez » aux hennés maures, en des augures que la lumière dévisage bouche bée comme une hyène jazze sa joie charognarde.
    Modeste à en faire cracher sa chique au Lincoln dans sa tombe, chic de cette générosité sans borne ni voile, de ces doigts nains de fée exonérés d’écarteurs tu soulèves toutes voîles dehors un pan lourd du rideau tendu de La FOI…
    En cette érection sans ancre gaiement offerte à la fraîcheur de la mémoire répandue sur le sol, sofa scandinave pétri des sensations d’un haut vol « tigeur » Humain, tu nous déportes vers la droite de ce fuseau de l’horreur que tes mots plongent sans parcimone un peu plus vers le fond du puits où, ténèbres agissantes sur une mélodie sifflée, les zèbres puisent leur illusion sans rayure.
    Et qui plus est, tu n’as fait que gratter l’allumette du moi en épargnant sa tête, le souci de faire cette fête malgré tous y compris Toi.
    Révérence t’est adressée sans parchemin, dessous ni pardessus.
    Ensemble, suivons cette torche en biais et torchons nous de nos torchons par en dessous…
    Quand donc serais je aussi courtois que Le KAbbé qui guérit en guerroyant les échardes?
    Je me démènes comme un beau diable pour moto démenotter sans casque, si tu vois passer une étoîle déballastée filant comme une saucisse vers le firmament, songe à garder mon « bou lest » loin des poulets…
    En échange, tant que T sur 7 Terre sans écharpe, tu pourras gicler un voeu gratos.

  6. Il y a notre Grand Moh ( mohblog.blogspot.com ) qui nous manque et qui j’espére se rappellera à notre bon souvenir mais là je crois qu’on ne perd rien au change en lisant yugurta : on dirait qu’il esquisse une toile en utilisant ses mots…

    Kb, j’ai du respect et de l’admiration pour les gens qui savent « écrire ».

  7. Dima, quand KB se laisse aller à s’auto reconnaître, le yug en revient tout simplement « soussi sonné » !
    J’avoue qu’ il excite mes neurones à tel point que le choc « Ana fi galactique » n’est jamais loin.
    Disons le tout net, quasiment aucun blog n’a flirté avec ce niveau global auparavant.
    Et que tout le monde sache que l’effort requis pour ce type « d’extra poilation » est titanesque, voire harassant !
    Hip Hip Hourra au Gladiateur de La Voix Lactée !

  8. Ca fait du bien, ces pages blanches en fin de compte, ça permet de se laisser les claviers écrire ce qu’il leur passe par les touches, sans que quiconque ne les frappent frénétiquement. Mais c’est curieux cher kb, je t’imaginais plutôt écrire avec un gros stylo plume ou un crayon bien affuté, sur une belle feuille de papier, puis je te voyais bien scanner le document, et hop mettre tout ça en ligne, simplement quoi. C’est un fauteuil ikea qui bascule ?
    Flaubert qui peinait tant à écrire était toujours stupéfait de lire les contes de Maupassant il disait « Maupassant écrit comme il saute. »

    Incroyable de pouvoir tant écrire et si bien avec rien à dire.
    PhY

  9. wo l’autre !!! c’est pas parce que môssieur nous raconte ses transformations kafkaïennes en grenouille, souris, araignée et autres métamorphoses phobiques qu’il doit pour autant nous qualifier de superficiel au discours aussi creux que les cadavres de bouteilles de bruichladich qui traînent sous le lit du sauveur de plats nets ))

    dis moi Phy…tu pourrais te transformer en lolo ferrari ?…rien qu’une petite fois

    ps : j’ai bien aimé la série des métamorphoses

  10. Yug, courtois tu l’es plus que déjà jusqu’à ta zébrure ouverte sur les mots de l’âme. On sent le vécu…c’est bien vrai ce que dit Dima (d’ailleurs Dima ne dit que des choses vraies) on retrouve dans tes mots comme dans ceux de Moh cette même essence qui rend si malléable le cuir des mots, ramenant chaque son à son initiale poème…ça doit être une question de terroir dans lequel j’ai sans aucun doute planté une lointaine racine (ma grand-mère est béni ouryaghl du rif)

    Kb…qui se souss hisse

  11. Chuut KB ! Ne leur dis surtout pas que, pour écrire sans savoir lire, il suffit de se bourrer la bouche de terre bien argileuse, les oreilles de foin sec, les narines de paille d’hiver et s’en mettre plein la vue en se fixant le nombril , le pouce dans le trou qui reste….
    A propos d’essence, son prix baisse plus vite que les pis des vaches perdues dans les mares et cages du Gharb…
    On est le 17, faut que j’aille gagner mac route avant le 18.
    Moi je ne vis pas encore « d’amour et d’eau fraîche » comme les combattants du Rif !

  12. pas cruche à ce point…on complète quand même avec du pain et de l’oignon…ce qui explique sans doute la position du pouce, toute bruyante flatulance étant déshonnorante comme gar’awal :)))

    kb…le gar’nement

  13. Le sauveur de plats nets doit pouponner, pas un bruit, pas une once de début, pas une amorce d’ombre de quoique ce soit.
    Quand à ton Phantasme (de Phy), de me voir me transformer en Lolo Ferrari, il n’y a pas de problème, je dirais même que cela poserait beaucoup moins de difficulté de me transformer en Lolo Ferrari qu’en… Juliette Binoche (par exemple et entre autre). Car en fin de compte, de quoi tu te rappelles quand tu penses à Lolo ? A ses petites fossettes à la commissure des lèvres ? A son oreille droite, plus petite que la gauche ? A son léger strabisme divergeant ? A ses genoux un peu forts ? A ses pieds plats ? Tu vois, un bon mètre cube de silicone ferait simplement l’affaire.
    Bon je m’y remets.
    PhY

  14. oué….c’était juste un Phyantasme comme tu dis:)) quoique d’évoquer ce sublime corsage (que même la silicone valley trouverait encore trop large ) nous rappelle le glissement sémantique de l’adjectif, assez grivois par son péjoratif, d’un genre féminin….et la souris devient « bombe »…tout cela sous l’impulsion d’une poussée siliconesque.
    Comme quoi la fracture (comme dirait luce) elle n’est pas que numérique non?

    kb

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