Coin de vue…

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Mes dernières courses à l’hypermarché du coin (là où je perd toujours par rapport aux  courses à l’hippodrome de l’autre coin), ont été pour moi l’occasion de donner libre cours à une pratique sauvage de ce sport national par excellence : le « tberguig ». Ça pour mater, j’ai maté à fond ! Mais n’allez surtout pas croire que ce matage furibond se limita juste à combler mon « instinct grégaire d’autoévaluation comparative », comme se plait à le nommer mon copain Abdel (partenaire préféré dans les parties de touti au café du coin).   Disons plutôt que cette observation « appuyée » était juste l’expression de ma fascination devant le phénomène d’adhésion, à pleine carte de crédit, de notre société à cette marche bancale, limitant le progrès au simple besoin de consommation.  Aussitôt rentré, j’entrepris (dans mon petit coin) une petite recherche quant à la motivation profonde de cette frénésie dans l’acte d’achat. Je fus heureux d’apprendre…enfin quand je dis heureux d’apprendre, je fais plus dans le superlatif que dans le rationnel mais j’aime quand le langage du cœur atténue le cubisme angulaire (j’ai aussi quelques penchants pour le pléonasme) des spasmes de l’esprit…une question de coin de vue sans doute…

 

Je fus donc heureux, dans le sens précédemment expliqué du terme, d’apprendre que la société de consommation n’était pas née avec Leclerc (pour les bien avancés dans la marche du progrès qui font leurs courses à paris) mais que déjà Diogène (zavez qu’à faire des recherches vous zaussi) en combattait les prémices par la branlette et autres artefacts qui paraîtront bien puérils de nos jours. Comme quoi nous ne sommes ni plus bêtes ni plus intelligents que nos prédécesseurs dont nous constituons en quelque sorte la projection futuriste de leurs souvenirs…quoique je préfère la projection Lara Croft, plus performante dans l’exercice de l’autosuggestion lubrique (je suis un combattant farouche de cette société prête à consommer de tout), au souvenir de notre ancêtre poilue « Lucie »… un problème d’Ego mal accomplit sans doute.

 

 Mais bon ! Disons que tout cela n’est qu’accessoire et qu’en final nous partageons cette valeur commune à travers les âges et qui restera notre « humanité » dans l’expression de sa dualité sous différentes formes telles qu’esprit et matière ou encore bien et mal, notions de plus en plus subjectives à force de projections futuristes ne découlant pas elles de souvenirs mais bel et bien imposées par une élite ayant complètement perdu la mémoire, ou faisant semblant de l’avoir perdue pour les besoins de l’histoire…son petit coin histoire sanctifiant la loi du marché.

 

© Kb…mi pomme mi coing

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15 réflexions sur “Coin de vue…

  1. dit voir kb, au fait avez vous droit aussi à la caissière qui entre deux biiiiiiip, vous demande  » avez vous votre carte de fidèlitè? »

    bouchra

  2. rarement bouchra…en fait pas du tout…sans doute que je ne dois pas avoir une tête à inspirer la fidélité :)))

  3. faut voir aussi le mioche, qui crie son âme, une fois la mater devant la caisse et qui réclames les barrettes chocolatées…bien sur bien achalandées par un sadique con Bac+5 en marketing. Et la mater, malgré ses tongs très « in » et sa mise en plie bien pliée, qui lui envoie  » un ferme ta gueule petit con » en vernaculaire vanillé de peur de paraitre vulgaire ( mais l’effet est le même)! perdue qu’elle est dans la gestion de sa carte fidélité, ultime artifice pour combler le manque d’affection et les migraines du soir!

  4. 5,3 millions de marocaines et de marocains vivotent avec 3,50 dh journalièrement et passent leurs nuitées à jouir et se copuler puisque c’est le seul plaisir qui leur reste sans débourser un kopeck, amour et mariage obligent. Diogéne ne trouverait rien à redire lui qui s’astiquait l’asperge pour ne pas succomber à la tentation de la chair (sic). Il faut dire que ses sens devaient exaspérés à l’extreme pour ne pas dire frustrés.

    Les touaregs/nomades sont un autre contre-exemple mais je n’ai pas envie de rentrer dans les détails. Je ne comprends pas le comment de ta dualité progrés/consommation. Je ne vois pas comment respirer si on ne consomme de l’oxygéne de la manière comment mijoter sa gamelle si on ne fait pas ses emplettes : elle est où cette obsession du progrés de la part des consommateurs que tu ériges dans ton raisonnement ?

    De la à parler de projection futuriste et autre loi du marché sans aller jusqu’à la spéculation financière et la mondialisation galopante quoque sous-entendues dans les derniers mots : On ne pas intellectualiser la pauvreté Kb.

  5. Tu vois Dima, ce que j’aime bien en toi c’est cette qualité que t’as de déplacer mes contextes hors de leur périmètre d’influence et de t’en donner à cœur joie et à bras raccourcis à me les matraquer dans ton petit coin de vue ))
    Je vois mal un touareg se pointer sur son chameau à la caisse de marjane le chouari rempli de boites de thé, de capotes anglaises made in china, de pain de sucre et présenter sa carte de crédit du bout de sa kalachnikov…la pauvre caissière en tournerait certainement de l’œil…p’tet même qu’il l’embarquerait la prenant pour un bonus récompensant sa fidélité à la marque yabon…ses préservatifs préférés…ben quoi ? un touareg ça n’a sûrement pas eu l’occasion de fréquenter diogène ! …bon allez, aimant moi-même les caramels et les consensus mous, je t’accorderai que même les beaufs moyens qui poussinent sous les halogènes des villes ont eux aussi eu peu de chances de fréquenter diogène…même si sans le savoir ils en ont hérités certaines pratiques
    En fait je n’intellectualise pas la pauvreté mais je « bovine » plutôt, dans un contexte bien précis (celui d’un hypermarché dans une grande ville) la bourgeoisie moyenne qui « croit » de manière bien fructueuse pour la dominante loi du marché assouvir leur soif de modernisme, pour ne pas dire simplement leur matuvusme, par l’acte d’achat….
    Je te rejoins tout de même concernant l’occultation du volet de la spéculation financière et de la mondialisation…mais j’estime m’être assez épancher sur la chose pour que maintenant tu devines sans que je te le dessine à chaque fois ce où à quoi donc or ni car je veux en venir ))
    Au fait te rappelles tu de anissa ?

    kb…dima dima khouk

  6. Tres sage Glandu ta dernière citation :)))…c’est pour cela que j’aime mon prochain…aussi beauf soit-il puisque moi même je le suis pour quelqu’un d’autre :))

    kb…le bof des bofs

  7. Kb,

    En parlant de déplacement de contexte, moi (et que dieu me pardonne en cette sainte journée de mettre en avant mon « moi ») j’aurai tendance à parler de « recadrage ». J’ai bien compris que tu jouais le big brother, sans le vouloir consciement quoique ta marocanité l’exige de ta personnalité, dans une grande surface, là où j’ai l’habitude de reluquer les robes fleuries des peaux laiteuses et leurs demis-lunes appétissantes au lieu de m’attarder sur le pourqoui du comment de la consommation ou la surconsomation. Ce qui me gene, sincérement, c’est ta promptitude à généraliser et énoncer dans ce cas précis, à partir d’un postulat somme toute intéressant et réaliste, une conclusion qui touche le commun des mortels. Voilà c’est tout. C’est aussi ma lecture qui peut me jouer des mauvais tours sans vouloir, mais aucunement, t’offusquer.

    Je tacherai à l’avenir de te lire sans commenter à moins que ça soit des mots qui portent sur la poésie ou autre petite nouvelle intéressante à ingurgiter.

    Oui, je me rappelle d’Anissa et j’ai toujours une tendresse respectueuse pour elle. Et alors ?

  8. et alors?? ben rien…c’étais juste pour faire diversion :)))

    surtout ne te retiens pas de commenter..ON adore comment tu le fais…et tant pis si je généralise 🙂

  9. C’est à moi que tu causes? hein dis c’est à moi que tu causes? dit-il, faisant face au miroir de cette sordide chambre de motel…De Niro! si tu me lit!
    Total respect!

  10. Dis donc le Kabou, je viens de changer de ligne éditorial ! Je me recycle dans la plongée dans le Web…chercheur d’épave en quelque sorte, mais aussi de trésors! Si le cœur t’en dit!

  11. LE paradoxe que j’ai constaté, c’est que tout le monde crie face à la hausse des prix et j’en passe, mais au ACIMA ou labelvie d’el Jadida pour ne citer que les exemples vécus, je vois des hordes de gens qui trimbalent des caddies pleins au ras bord et qui payent en cash.. moi avec ma carte, je me fais tout petit devant certaines ménagères qui déboursent des sommes rondelettes à la caisse… c’est dire que les marocains souffrent et ne souffrent pas des velléités de l’inflation et mine de rien, les chiffres de la consommation ne traduisent en rien la situation actuelle…
    A berrechid, et à l’occasion de l’ouverture d’un supermarché, une dame s’est présentée à la caisse avec un caddie surchargé, une fois le decompte fait, elle en avait pour quelque 800 dh, et croyez le ou pas, elle a tendu deux billets de 20 dh à la caissière.. « Hadchi li 3andi »…

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