L’éthique ou la morale?

Durant mes récentes lectures je suis souvent tombé sur une question qui bénéficie ces dernières années d’un regain d’intérêt dont témoigne le nombre important d’ouvrages parus lui étant consacrés.

Mais loin de s’effectuer dans une seule direction, ce renouveau ressemble davantage à un feu d’artifice, où chaque théorie part dans une direction différente. Faut-il donc distinguer entre MORALE et ETHIQUE? D’après certains spécialistes, rien dans l’étymologie ou dans l’histoire de l’emploi des mots ne l’impose : l’un vient du grec, l’autre du latin, et les deux renvoient à l’idée de moeurs (ethos, mores) ; il est toutefois possible d’envisager une nuance, selon que l’on met l’accent sur ce qui est estimé bon ou sur ce qui s’impose comme obligatoire.

C’est donc plus par convention que l’on réserve le terme d’ « éthique » pour la visée d’une vie accomplie sous le signe des actions estimées bonnes, et celui de « morale » pour le côté obligatoire, marqué par des normes, des obligations, des interdictions caractérisées à la fois par une exigence d’universalité et par un effet de contrainte. Partageant un penchant beaucoup plus jungien dans mon approche philosophique de l’essentialisme et de l’existentialisme j’aurai plus tendance, sans souci d’orthodoxie aristotélicienne ou kantienne, d’envisager la primauté de l’éthique sur la morale et la nécessité néanmoins pour la visée éthique, de passer par le crible de la norme. Il ne faudrait tout de même pas me coller une étiquette « nitzchéenne » sous prétexte de cette classification.

Par contre, durant ces lectures je suis un peu plus que souvent tombé sur une expression que je ne connaissait pas et qui semble être, à première vue, un échappatoire au dilemme précédemment posé : la « bien pensance« ! Ça, pour être tartinée à tout va chez les nouveaux penseurs il n’y a pas à en redire, c’est bien étalé…à toutes les sauces même ! J’aurai cependant bien aimé, rien qu’une fois, que quelqu’un d’abonné à cette rengaine m’explique un peu ce qu’elle recouvre. Oualou…rien et faute de réponses satisfaisantes, je serai tenté de conclure que la récurrence élevée de l’usage combinée à son insignifiance trahit effectivement un « mal pensé« . Mais sans doute pas celui que revendiquent les familiers de la formule. J’imagine alors que les usagers du terme n’auront plus besoin de dénoncer le conformisme chez autrui, puisque aussi bien recourir volontiers à une expression creuse peut difficilement passer pour un signe électif d’indépendance et d’originalité.

kb…moral à défaut de bien pensant

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11 réflexions sur “L’éthique ou la morale?

  1. Par simplisme je dirais que l’éthique est quelque chose beaucoup plus personnelle voire intime que la morale. « La morale dicte » vs « mon éthique me dit » .En ce qui concerne la « bien pensance » tu le dis  » J’imagine alors que les usagers du terme n’auront plus besoin de dénoncer le conformisme chez autrui  » on en déduit que le terme est utilisé pour dénoncer le conformisme chez autrui. Les bien-pensants seraient ces gardiens du temple de la morale commune, les émetteurs des appels à l’ordre, les encadrants et forcément ils seraient parmi ceaux qui baignent dans le conformisme. Allez soyons fous … je vois pas dans le billet l’expression  » réactionnaire « , est ce parce qu’il n’y a pas de nom associé ? (on dit quoi, ré-actionnariat ? ).

  2. Larbi> en parlant de réactionnaire la première réaction que j’ai eu en te lisant et celle de te coller mon pied au derrière (affectueusement il va de soi) pour t’obliger à réagir un peu plus souvent dans le coin :))) »MON éthique me dit »… alors là si chacun y va avec son néthique je n’ose même pas imaginer le grattage furibond de moult bas du dos qu’il faudra calmer à grands coups de lattesA cette même question posée il y a quelques mois de cela (ce texte à déjà été publié sur ma roquinerie mais à l’époque il n’avait soulevé que très peu de réaction la blogoma n’étant alors qu’au stade du balbutiement…le nombre de blogueurs ayant quintuplé depuis) Garamud le grand, qu’il en soit remercié, avait répondu (le seul d’ailleurs à avoir réagi) avec grande pertinence la chose suivante[morale]L’un s’inscrit contre, par exemple, le mensonge parce qu’à tel verset de la Bible , le Dieu l’interdit, l’homme se conforme donc au précepte; [éthique]l’autre se refuse au monsonge, d’abord parce que la vérité lui est supérieure et, pragmatique, parce qu’à y recourir, on jette ainsi toute la communauté dans la non-confiance, on s’installe alors dans le « credibility bug » et c’est contre-productif…wallaho a3lamJ’avais bien aimé…et surtout le « wallaho a3lam » :))Et c’est vrai que son exemple illustre parfaitement la pensée de kant à propos de la question :La morale est un impératif catégorique. L’éthique est un impératif hypothétique.Cette distinction est d’importance :Ou l’action est déterminée par un impératif inconditionné qui s’impose de façon catégorique : la conscience agit alors par devoir. Il s’agit de morale. Ou l’action est déterminée par une hypothèse qui lui impose un comportement.Il s’agit de ce qu’on appelle l’éthique.L’impératif est hypothétique quand il énonce le moyen nécessaire pour atteindre une fin posée ou supposée : si tu veux telle fin, alors tu dois mettre en œuvre tel moyen. C’est à cela que s’épuise souvent le discours éthique : énoncer les moyens pour atteindre ce qu’il suppose être la moralité.maintenant pour le réactionnaire il va te falloir attendre un prochain billet pour venir t’y conformiser à ton grébises sur ton crâne en voie de dégarnissement

  3. Saluttu sais ou tu ne le peut-être pas, les trucs dont tu parles, c’est un peu mon dada. Mais comme j’ai envie de faire dodo, je ne vauis pas du tout m’étaler sur la chose quoique, à bien penser, pourquoi pas?cela dit ou ceci dit je ne sais jamais ce qu’il faut dire, j’ai envie de te raconter une anecdote « very dique » soit dit en passant et qui m’a été raconté par un grand pote. c’est son prof de philo qui essayait tant bien que mal de leur expliquer la morale de kant. et après 2 heures d’explications, il leur demande ce qu’ils ont bien compris, et tout le monde répond en choeur : noooooooooon. alors, il appela, le plus moche de la classe et un peu bronzé en plus et lui pose la question suivante : imagine que tu es au coin de larue, tu n’as rien à foutre, tu es fauché, il fait chaud et soudain, une superbe nana passe devant toi, wach ghadi tsauti 3liha oula lla? Le pas bogosse de lui répond sans réfléchir : oui ya oustad. Et le oustad de lui répliquer du tic (ethique) au tac tac : justement kant y guoulak lla !La morale de l’histoire ? J’en sais rien, moi!Sur ce, je vous dis..rien.ML …Et toc et tic!Sur ce je vous dis bonne nuit

  4. Salut KB,Je sais pas si la pensée unique est le corollaire de la bien pensance, ou celle-ci est le corps-en-l’air du temps de l’autre. Mais à mon sens aborder la question, très morale, du bien et du mal en pensée, me fait penser tout de go aux deux axes, axe des abcès malheureux, et l’axe des ordonnés bienheureux, auxquels seul un désaxé moralisateur pourrait bien penser. Notre siècle, au lieu de pondre des concept bien pensés, a pondu des cons-sceptiques (sceptique selon mon mainteneur de con-science linguistique de dico, veut dire entre autres dilettante) qui ont subdivisé la pensée en mal et en bien. Et la ver-tu dans tout ça ? ne vous tournez surtout pas vers-moi, j’ai pas du tout le moral pour vous en parler. Mais vous pouvez vous amuser à mettre MOI et TU dans une colonne et MAL et BIEN dans l’autre et matchez les mots. Mon moralisateur de dico me dit encore que le verbe matcher n’est pas du bon français mais mon français à moi est immoral, je l’ai appris dans le brûlot la philosophie dans le boudoir, sous-titrés les institutions immoraux, du célèbre Marquis. À propos de philo, le philosophe André Comte-sponville, prêchant la bonne parole au milieu d’un parterre de dirigeants d’entreprises de l’hexagone atterrés au passage par ces dires, leur révélait que le capitalisme, et donc tout ce qu’ils entreprenaient est amoral. Il postulait que l’éthique, concept que l’entreprise récupère pour se faire une virginité, ne relève pas de la morale mais du marketing et du management. Pour l’anecdote, j’étais invité à cette rencontre, pour lui contester (c’était le désir des organisateurs) sa thèse.. J’ai alors abondé dans le même sens que lui. Au final même les patrons, par un sursaut de conscience peut-être, étaient d’accord avec lui. Pour me remercier mes hôtes m’ont offert une bouteille de champagne. J’ai compris alors que je les ai saoulés. Je me suis opposé à la bien pensance managériale.. J’étais sur le plan moral sans excuse. SEM… penseur du poncif et de l’impensable

  5. L’être humain ne se contente pas d’agir et de se comporter de telle ou telle manière, il attribue une valeur positive (le bien) ou négative (le mal) à ses actions et comportements.La morale est l’ensemble des valeurs pratiques grâce auxquelles une action ou un comportement peut être dit bon ou mauvais, obligatoire, autorisé ou interdit, souhaitable ou non souhaitable.Depuis peu de temps la morale a été séparée de la sphère religieuse et juridique pour laisser place à l’éthique, en fait l’éthique est la morale des temps modernesAucune différence repérable ne sépare les deux, la seule distinction d’après l’usage est qu’ »éthique » est plutôt utilisé pour designer une théorie de la morale, une métamorale, la morale étant alors la manière concrète de vivre..c’est toujours un plaisir de te lirele mythela morale des temps modernes

  6. kb t’es un emmerdeur.J’ai lu ton billet et je te le dis encore: t’es un emmerdeur, et en plus tu le sais.Je sais, je démarre mal si je compare mon commentaire avec ceux qui m’ont précédés: tous portaient leur (une) part de vérité scotchable à un moment et dans un espace de mon cervelet.Ils ont (une) raison.Certains t’ont répondu avec brio, comme SEM ou le mythe par exemple: du sérieux, même s’ils y ont mis de l’humour.Mais en lisant tout ça, je ne pouvais m’empêcher de mettre des visages sur ces mots(tu sais que j’ai vécu aux USA, en Asie, et que je tourne pas mal autour du globe):le mot « morale » me fait penser à Dick Cheney, n’est-ce pas étrange?Le mot « bien-pensance » me fait penser à Bernard-Henri Levi, vois-tu pourquoi?Le mot « éthique » me fait penser à… N’importe quel patron de Hedge Fund, en fait, parce que le terme (san jeu de mot) leur dégouline de la bouche à chaque fois que tu veux en savoir un peu plus sur leur stratégie et leur obsession à garder tout secret: ils te rassurent en te parlant de la nécessaire éthique qui détermine leur action (sans jeu de mots là non plus). Tout ça me fait penser que c’est en tirant à côté qu’on touche sa cible, et en allant à contre-courant qu’on suit la nature des choses.

  7. Pour une fois je comprends un ti’peux -ou presque- sans me perdre avant le paragraphe de résistance! Je vais essayer d’inventer des sortes de pieds à la discussion, rien que pour voir comment ça marche dans le quotidien de notre génération. Si tu trouve que ça ne marche pas c’est peut être parce que une fois encore j’ai raté le design. Essayons quelques exemples.Un élus assermenté s’est fait cuisiner par un «comité d’éthique»©. Tout le monde en a. Les salafistes aussi. L’allégation fut grave! Il aurait commis un acte hautement immoral durant l’exercice de ses fonctions pubiques. Qu’il aurait ruiné un bon cigare pour l’avoir égaré dans les ténèbres, et souillé une robe velvet on the way to the hole of fame. Que l’homme aurait menti à la télé devant Dieu et le monde entier, jusqu’au bout pointant de son indexe: «..Je n’ai pas b**sé cette femme» qu’il a dit là devant tout le monde, les russes et les chinois inclus! La honte. Eh puis.. tout le monde a fait ce que la bonne morale enseigne: Pardonner. Hillary parce qu’elle sera présidente, Monica parce qu’elle n’a pas le choix et le Congress par heu.. principe, Buddy le chien par pitié. Les russes et les chinois parce qu’il n’ya rien à comprendre dans une histoire d’O sans pétards et sans pétrole.Vint Henri VIII des temps modernes! Se proclame grand maitre et gardien des temples de la morale et du nouvel ordre mondiale. Preuves à l’appui: Le plus gros portefeuille, le plus gros grenier de la planète, et surtout les plus gros pétards du jour. Le bien et le mal, le pour le contre le jour et la nuit n’ont jamais été plus simples à comprendre et plus claires pour tout le monde depuis les temps Nazis! Saddam aurait tout et bien sur tout compris. Entre brutes! Si Hitler avait gagné la guerre, les encres et les ancres du contrat social seraient bien différents..Cependant la constante reste là: La loi du plus fort! Simplement traduit, -n’en déplaise aux philosophes-: Le plus fort fait la loi. Comme cette dernière s’invente sur mesure pour protéger le plus fort et pour gérer morales et éthiques, Bush moraliste de saison a raison, Saddam a tort et quiconque n’est pas d’accord n’est qu’un horrible terroriste. Pratiquement parlant.Moh

  8. Ben cette fois-ci je crois que la pêche à été plutôt bonne…même Moh à la chromato incisive que l’on lit toujours avec plaisir ( à ne pas confondre avec queue longue lie toujours avec plaisir…hein ??) a mordu à l’hameçon de la raison de l’ordre du bien établi.Je table aussi que pour cette fois ce « WIKI » que Leblase exècres tant déroge à sa « bien pensance » habituelle en donnant une définition claire et succincte, sans trop se perdre dans le superflu du détail :« La Bien-pensance est un terme péjoratif, désignant une attitude intellectuelle qui consisterait à adopter un point de vue et des valeurs proches de l’ordre établi, ou les idées propres au milieu dans lequel on évolue.La bien-pensance est souvent qualifiée d’hypocrisie.Un bien-pensant est une personne dont on estime qu’elle pratique la bien-pensance. »…j’aime bien le « dont on estime », ça me rappelle le « ouallah ou ya3lam » de Garamud :))Ainsi dans l’optique de Leblase l’on comprendrait aisément ce qui fais penser à ce grand couillu de dick (le jeu de mots est involontaire là…c’est juste pour un petit clin d’œil à ML en lui souhaitant qu’il puisse jouer pendant encore longtemps du sien)La bien pensance n’est donc point un Mythe, même si Le_mythe l’assimile d’entrée à la morale par son «l’ensemble des valeurs pratiques grâce auxquelles une action ou un comportement peut être dit bon ou mauvais, obligatoire, autorisé ou interdit, souhaitable ou non souhaitable. » pour se rattraper après en plaçant l’éthyque en sa métachose et ainsi va la cruche à l’eau, Sm (coucou sem ! ça fait un bail…)fait le « gaucho » chez les jacobins du libéralisme pour arriver à ses faims…de petites bulles roses…sauf que sem ne nous les brises jamais…bien au contraire :))Et Leblase qui me traite d’emmerdeur…pourtant je n’ai posé aucune question…Yves en témoignera :))) …bon pour ce post je met un grand « Lol » à la fin…histoire de me démarquer des biens pensants

  9. … sans omettre d’indiquer que l’éthique n’est que la science de la morale selon Emile Litré ;)Kb, si tu n’es plus Nitzchéen alors moi je ne suis plus Rajaoui ! A quelqu’un d’autre, tu pourras raconter ta nouvelle blague :)chloro…rappel à l’ordre chaotique

  10. chloroforme! n’essaie pas d’entortiller les lecteurs et ternir de « vert » mon image.:)))je te signale que je fais ma prière cinq fois par jour, m’acquitte de la zakate, et chevauche allègrement mes légales montures du lundi au jeudi, le vendredi étant le jour du seigneur et comme à tout seigneur, tout honneur, je me repose…j’ai même prolongé le jeûne jusqu’au 7 ème jour de choual et j’attends donc de pied ferme à voir venir même si mes jambes poilues ne poussent pas trop les badeaux à me qualifier de soeur Anne.certes je ne verse ni dans un jansénisme augustin ni dans un qardaouisme salafiste,et reconnait avoir succombé à la tentation mais seulement lorsque la température dépassait les 35°(difficle de rester lucide devant les feux de l’enfer) mais de la à me qualifier de Nitzschéen…awwwah !

  11. J’aime bien ton « allégrement » : y a bien un zeste de luxure interdite par les cieux et je me demande si l’encens que tu brules dans tes étroits et légales autels ne te coutera pas la peau des fesses une fois là haut :)Tu viens de me démontrer qu’un passage chez l’Adoul peut avaliser et rendre pur le coté nitzchéen qui t’habite. Remarque tant que tu les protéges et que tu subviennes à leurs besoins pourquoi ne pas les chevaucher allégrement comme tu dis ? et le mot aimer ? cela te dit quelque chose ? aimer allégrement : cela existe aussi ! n’est ce pas une bien belle manière de décliner ta foi de croyant envers le ciel et ton amour envers elles ? Il faut avouer que « chevaucher » a une de ces connotations propres au célébre marquis et que ceci explique cela :)Qui a dit tricher ? personne mon curé préféré !PS: dépassez vous mes ami(e)s et si la morale vous contraigne trop, faites comme kb le vénéré croyant : drapez vous de religion à la sauce nitzchéenne…

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