Achevons le propos pour être…

Post inspiré par Leblase

« Tu vas ouïr le comble des horreurs.
J’aime…À ce nom fatal, je tremble, je frissonne.
J’aime…
»
Phèdre de racine

Ne vous leurrez pas quant à mon apparente facilité d’agencer les mots.
Jusqu’à il n’y a pas très longtemps, écrire pour moi était souvent pénible car je n’étais jusqu’à cette douce rencontre, qu’un ensemble incohérent de propos inachevés

Comment vous expliquer la chose…chaque phrase pour me satisfaire se devait d’être par son sens « définitive » alors que moi, mortel par essence (et par naissance) je ne pourrai jamais l’être dans l’absolu. Souvent je tournais une journée entière autour d’une même phrase. Je l’écrivais. Je la rayais. Je la récrivais m’attardant au parfait du sens là ou les choses ne devaient en fait être qu’aisance…

L’interférence du passé et du présent bridait alors mon discours. La nécessité de me décaler par rapport aux événements racontés venait souvent rompre l’ordre chronologique de cet enchaînement de vie qui donnait toute sa quintessence au « moi ». J’avoue avoir mis longtemps à comprendre cette indolente remarque que m’avait faite Jean Barbé qui animait alors l’atelier d’écriture sur Ev : « tu devrais lâcher un peu la bride à ton écriture ». Il ne pensait certainement pas si bien dire…

J’ai réalisé après quelques essais que lâcher la bride au propos était de laisser s’achever le propos pour que l’histoire se détache du récit. Lâcher la bride c’était accepter de lâcher prise de tous ces faux repères suspendant l’être au propos et accepter la mouvance des choses de ce monde. Lâcher la bride c’était graviter autour de l’inextinguible repère qu’est la pulsation universelle dans sa dimension « amour ». Lâcher la bride n’était pas absolument de se faire comprendre mais d’abord de se laisser parler. Lâcher la bride était surtout, ce que je trouve le plus merveilleux, de ne pas seulement raconter ce que l’on était mais de laisser ce que l’on a été raconter ce que l’on est indépendamment d’une chronologie castratrice.

Lâcher la bride m’a permis de rencontrer ce « moi » qui était là, à portée de main…au bout des doigts

Il m’aurait fallu juste un coup de plume pour me dépoussiérer le regard…

kb…à bride abattue

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