Parole d’homme !…Parole Dogme !

Au tocsin du « changement » mettant le Maroc au pas de l’oie, qui avance pour certains et qui boite pour d’autres, la parole se fait rebelle et ne prend que rarement allure dans cette voix de la sincérité qui accroche le fond à la forme…

D’aucuns chevaucherons cette mouvance à grands « haros » sur le baudet où l’âne n’est point celui à qui on pense.
Suffit-il de prononcer « changement » pour que soit l’avance ?
Chacun y va de sa sauce où l’ingrédient salive accompagne à grand mots cette percée vers ce « meilleur » dont on entend plus la voix à défaut d’en voir la forme.

Dans cette cacophonie si l’engeance est « acte », le fruit est beaucoup plus «parole» et dans ce domaine, il y toujours matière à pinailler, ergoter, polémiquer, en dire et en redire sur la chose et son complément, le verbe du sujet n’étant que prétexte à redorer le plastron terni du discours aux feux rutilants de Byzance…la parole n’ayant pas de limite…la parole étant fasciste de nature .

L’acte, hélas, étant plus difficile à mettre en œuvre, d’un grand Alexandre aurait grand besoin, mais qui donc abandonnerait trône ou lauriers, à moindre mesure un siège de parlement puisque il ne s’agit là que de parole, pour partir en guerre contre la récession qui se nourrit de mots…de tous nos maux.

Puisque l’acte est plus difficile à atteindre babillons à l’extrême prônent les hérauts du changement, radicalisant le verbe à défaut de l’action. Les discours prospèrent très bien sur les lacunes de l’acte dont ils savent perforer le ventre mou chacun avec son discours.
Ainsi un Nihiliste sera assimilé à un progressiste, qui aux yeux des marocains, s’active, au fond, avec les mêmes ambitions. L’imprudence serait de les relativiser trop et de sous-estimer les moyens qu’ils ont déjà mis en oeuvre pour les satisfaire, notamment, et parce que c’est le propre des fascistes, parce qu’ils sont bien peu scrupuleux sur les moyens pour parvenir à leurs fins. En face, ne raisonner qu’intellectuellement est gageure puisque la récurrente malhonnêteté intellectuelle et la démagogie sont, avec la violence et la terreur, parmi les moyens que nous affectionnons et utilisons particulièrement pour ériger notre argumentaire.
A toute action, politique ou sociale, sur le terrain, il ne peut y avoir qu’une réponse et une opposition politique ou sociale « sur le terrain ».

Restaurer l’acte est peut-être pour le Maroc une urgence politique, encore faudra-t-il le faire sans concession ni aménagement qui paraîtraient des brèches, mais il y aurait pour le Maroc d’autres urgences politiques encore plus urgentes, par exemple redéfinir les conditions de la démocratie, notamment l’intransigeance qui doit être de mise quand elle prétend s’appuyer sur le mot « citoyenneté » si, dans leur quotidien, le terme reste abscons pour la majorité des jeunes livrés à eux même sur le terrain, si la société ne leur propose rien de mieux, outre des mots, pour aujourd’hui, et surtout pour demain, qui leur ferait envisager et désirer un monde où l’on peut s’épanouir en virant, d’eux mêmes, aux orties le discours de la soumission à la parole, je ne vois pas comment on empêchera les creux discours des idéologues prosélytes (tout genre et toute pilosité confondue) de les tenir encore plus serrées sous la férule de leur dogme qui, dans leur vide et sans autre espérance, leur semblerait rutiler des milles feux de l’ancienne Byzance.

kb…ni Byzantin…ni Grec Posted by Picasa

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