L’amour à l’épine

« L’amour à l’épine »
toile de Willam Adolphe bouguereau

Je suis né au belvédère à Casablanca, un quartier, à une certaine époque, riche en arbres. Ces arbres ont longtemps pour moi, délimité seulement les rues principales et tendu leurs vieux troncs cerclés de ciment aux chiens-promeneurs de l’aube grisâtre. L’écorce qui accueillait nos cœurs transpercés, nos aphorismes péremptoires, c’étaient nos bureaux d’écoliers. Tapi derrière un livre dressé, un audacieux parvenait parfois à inscrire de la pointe de son compas, un poème tout entier pour sa dulcinée. Un quatrain à l’encre violette attira un jour mon attention et je me sentis soulagé de ne pas en être l’expéditeur afin de ne pas attirer un autre genre d’attention (pas des plus agréables) chez ma charmante enseignante à qui je témoignais un amour candide.

« On se veut, On s’enlace, On se lasse, On s’en veut »

On se veut…vouloir l’autre comme on veut son pain, avec la certitude qu’il nous le faut, avec la servitude qu’il nous le faut…

Le manger, l’assimiler pour ne faire qu’un, à condition que ce soit moi! Car cette belle complétude dans laquelle je pensais m’enrichir des qualités de l’autre, me devient peu à peu insupportable. Ce qui me plaisait chez lui est vraisemblablement ce que j’ai renié ou refusé d’exploiter en moi. En d’autres termes, ce qui me fascine chez l’autre est exactement ce qui me terrifie pour moi.

L’assimiler, c’est prendre un risque…d’indigestion.
On s’enlace, on s’embrasse et très vite on s’embarrasse!…surtout elles où l’embarras devient « cloque »…
Mais tout cela se joue à notre insu. Le problème avec l’inconscient, c’est que s’il était conscient, on ne l’appellerait pas l’inconscient…

Lorsque je ressens ce mal-être, j’évoque la déception:  » Tu as tellement changé! » ou la lassitude: « tu ne changeras donc jamais! ».

Je ne sais pas trouver ce regard réflexif qui me ramènerait à moi même. Comme un adolescent dépité devant une image pieuse retrouvée dans un missel et dont l’ange au drapé couleur dragée n’évoquerait plus aucune rêverie, je crie à la supercherie.
Devant cette image affadie, racornie, je t’en veux. Littéralement, « je te veux du mal ».

Je te maudis pour te punir du mal que tu me fais, quand je ne veux pas voir comment je me fais du mal à travers toi. Je me fais du mal en refusant le travail d’intégration que tu me proposes.

En me précipitant vers une autre relation où tout semblera de nouveau possible. En croyant évoluer, quand j’avance toujours plus loin, peut être, mais jamais plus profond…

Je m’en veux de t’en vouloir mais je ne peux pas te le dire puisque je ne le sais pas moi-même…

kb….dans l’adour *

(*) adour = amour douloureux 🙂

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Une réflexion sur “L’amour à l’épine

  1. la vie n’est k1 souvenir parfois un bon et parfois un douleureux , dc rapellons ns de l’amoue kom un bn…………….

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