Interférences


Poster sur bache d’antony bucheron

La chaleur se fond doucement, presque suavement, dans l’ennui pour enfanter un syncrétisme d’irritation, éjaculation indolente de la paresse poussant mon moi à se retourner en moi puis à reprendre inexorablement la même posture.

La revue sous mes yeux, le plafond et la télévision se partagent à tour de rôle ma conscience vagabonde qui, entre chaque va et vient, s’ouvre à ce qui lui survit en dehors du temps, scellant un pacte avec l’instant, avec la totalité de l’instant.

Je suis moi…

Entre un « foutaises ! » arraché par les propos d’un Aujar qui se débat désespérément sous la plume d’un journaliste pugnace, et d’un « ben voyons !! » sous la couche de pommade que tartine un Haj younes sur la ravissante Rim dont la fraîcheur ravive l’absence d’une autre qui rime avec l’émoi,

je suis moi…

« jamais jamais ! » l’instant d’une pub, atteignant sa cible, me rappelle ma soif…je bois…

Je suis moi…

Les pensées, dans les automatismes d’une conscience ordinaire se succèdent sans fin, plus rapides que le vent, plus insaisissables que le courant. Je suis ordinaire…hors du nerf aussi…

Tiens ! Latifa Ra’fat porte des verres de contact colorés !!

« elle aussi ?? » surenchérit ma conscience dans un pic « salope »

A l’envers du moi je m’éloigne au-delà de l’instant, faisant le mur, jusqu’à chez Lambdaoui et, la tête dans le cul, charriant notre misère comme un nuage traînant la pluie, ne sachant où pisser notre amertume, aucune haie, aucun réverbère ne faisant l’affaire, haïssant le beau, le parfait, le conforme, avec pour seule envie un profond désir de salir…piètre revanche sur les cons, nous marchons côte à côte un instant…

Je suis nous…

« wala marra » chante Hatim. Des seins qui se trémoussent me ramènent à tâtons vers mon désir échappé d’une valise…ta valise…

Je suis presque moi…

Puis il y a R’kia, comme il y aurait Frida, prenant douloureusement vie sous les doigts d’un Yassine, zizi jusqu’au bout de mon syncrétisme…dur et qui me donne envie de crier « waaaa haaaaaazaaaa ! » juste pour faire chier Chighaf qui me plait, mais ça, ça n’est pas moi…

J’ai mal pour Aujar qui agonise le RNI au rythme du violon de chabba daoudia. J’ai mal pour R’kia qui a mal partout, comme ces petites poupées à l’espoir déchu sur un plateau de 2M où tout ce qui brille n’est pas or.

Je suis moi…

Et si ce soir il vous semble que j’interfère par le style avec Loula, mon Beyrouth, mon château de mer et mon anima à la fois, c’est que j’ai mal aux autres car je suis eux et ils sont moi…

Kb…et vous ?

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