Proche Orient : entre révisionnisme et bombes

La crise actuelle au proche orient ouvre la porte à bien des amalgames où l’opacité de l’histoire ajoute un flou artistique à l’irrésolution des états à appliquer le « droit » dans son entendement intrinsèque.

Il serait sans doute urgent, pour l’avenir du monde, que les états se positionnent d’abord et avant tout «humainement» par rapport à ce conflit, au-delà de toute considération ethnique, raciale ou religieuse.

Alors que l’on reproche à outrance l’extrémisme religieux musulman, soit disant source de tous les problèmes, paradoxalement, le silence fait consensus sur le fait qu’Israël, en tant que nation, se positionne quant à elle, ouvertement, «racialement » par le fondement de sa raison d’être sur un élitisme ethnocentrique par la pratique du sionisme en tant qu’idéologie extrémiste nationaliste la poussant inexorablement à commettre l’irréparable.

Par cette attitude du « deux poids deux mesures », l’histoire de l’humanité, et à travers elle l’histoire du droit, semble faire les frais d’un révisionnisme perpétuel amenant la valeur intrinsèque de l’humanisme à subir une régression dans le collectif mental. Invoquer des critères « sympathiques » pour octroyer le droit aux armes me semble tout aussi insensé que cette attitude à contenir coûte que coûte dans le « droit » l’action d’une des deux parties en présence dans le conflit et tolérer toutes les exactions, aussi meurtrières soient-elle, de l’autre partie.

Toute la légitimité de la raison d’être de chaque nation repose sur sa chronologie paléographique. Or il se trouve que cette paléographie n’est pas à l’avantage d’Israël qui invoque la raison sécuritaire au détriment de l’histoire pour donner libre cours à son expansionnisme barbare. Israël mène une guerre sur tous les fronts dont le « médiatique » n’est pas le moindre. Un médiatique qui se place hors contexte historique puisant sa force dans le révisionnisme pour ne pas dire simplement dans l’absence d’histoire ainsi que dans l’attitude aberrante de l’instance internationale à « exiger » partialement le respect d’un droit qui a perdu toute sa consistance fondamentale à l’une des parties seulement.

Rappelons aussi qu’Israël n’a jamais eu besoin du moindre prétexte pour refuser la paix.

Et dans la lignée de cette attitude aberrante, comment peut-on se permettre de demander au Hamas s’il va reconnaître Israël alors qu’Israël refuse, en revanche, de se reconnaître, c’est à dire de fixer les frontières de son pays ?

Pourquoi ne demande-t-on pas au Hamas : « Seriez-vous prêts à accepter une force de paix internationale sur la ligne verte ? ». (On ne leur demande pas parce que la réponse d’Israël à cette question est NON ! Israël qui ne jure que par sa sécurité, refuse obstinément les propositions européennes et américaines d’envoi d’une force internationale sur les frontières reconnues par le droit international. On demande au Hamas, qui a cessé toute opération militaire pendant un an, respectant une trêve qu’Israël n’a cessé de violer durant la même période)

« Etes vous d’accord pour renoncer aux armes ? ». Qui a posé cette question à n’importe lequel des dirigeants israéliens ? Ainsi on voudrait qu’Israël puisse continuer à utiliser les tanks, les bombes, les missiles et toute l’artillerie lourde, pour maintenir son occupation, mais que le Hamas, renonce lui à la résistance armée contre l’occupant, qui est parfaitement légale.

Sur quel critère donc prétendre que les palestiniens n’ont pas besoin du Hezbollah en faisant, inconsciemment peut-être, une classification de meurtriers sur le seul critère de sympathie ???

Que l’on désarme le Hezbollah, soit ! Mais qu’en parallèle l’on désarme Israël et qu’on l’oblige à respecter toutes les résolutions votées à son encontre depuis 1947 !

Finalement, il semblerait que l’histoire se répète ; dans la marche à la guerre de 1939 la société des nations avait montré ses limites à gérer la crise mondiale.
Le même scénario n’est-il pas en train de se répéter avec l’ONU qui à l’évidence a perdu son essence primaire

La cohésion de l’ordre mondial ne tient que par la conviction que le droit est le même pour tous. Cette conviction est déjà mise à mal par les discriminations, la réticence face à la mise au jour de mémoires conflictuelles. Sur ce malaise peuvent prospérer des tendances centrifuges, mettant en danger le « vivre ensemble ».

Il faut d’urgence redonner au droit ses lettres de noblesse et l’appliquer d’abord à cette terre du Proche-Orient sur laquelle sont braqués des millions de regards, sans doute parce que l’issue de la crise dont elle est le siège a valeur de symbole aux yeux de ceux qui s’interrogent sur la réalité de leur intégration dans le monde de demain. Y imposer la justice équivaut à délivrer un message d’une force incomparable à ceux qui s’interrogent sur le sens de ce mot dans nos pays.

Sans doute est-il temps de créer une crise au sein même de l’ONU afin de forcer les choses à bouger positivement. Il suffirait que quelques états « exaspérés » par l’institutionnalisation de la partialité en arrivent à se retirer de cette instance pour que cela commence…

Avec une profonde amertume je conclurais ceci : je crois que le temps du raisonnement est dépassé et que le temps de la guerre est là. A la Syrie et l’Iran (comme à l’Irak précédemment)il n’a jamais été laissé d’autre choix en réalité que d’être acculé à la guerre et tout le monde est complice, qui par son aval à l’entreprise expansionniste Israelo-américaine qui par son silence.

Si le Liban tombe, c’est toute la liberté humaine dans sa valeur universelle qui tombera avec… et soyons sûrs qu’alors une grande partie du monde ne recevra du « droit » que ce que l’on voudra bien lui accorder

kb

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