Duet


Peinture de Rosanna Bennamoun
par le silence investi des oiseaux

Par la longueur immesurable de tous leurs cheveux noirs
et leurs yeux calmes
par le silence investi des oiseaux
par la guitare seconde
et sa main longue repliée sur l’angle attentif des routes
les clés dissimulées dans nos étoffes
et par le choix qu’ils ont fait de rire
je t’aime ainsi
comme si c’était une heure chaude
autour des tables
et si le front nuancé d’un tzigane
allait retravailler nos feuilles
si le platine empesé de la plage
s’il était ce que nous aurions dans l’idée de suivre
jusqu’à la liberté d’une ville

Leezie

par le grondement investi de la terre

par le tumulte de toutes les eaux bleues
et leurs sources calmes
par le grondement investi de la terre
par la lune seconde
aveugle au plis noirs des cieux
l’étoile éculée au regard
dissimulé dans les creux d’une plainte brisée
et par le choix de nos silences
je t’aime ainsi
comme le vent ajuste la feuille
au temps qui s’écoule
comme une tâche de soleil
sur nos corps assouvis
et si la mer allait
de ses vagues retracer nos chemins
sur le sable chaud d’une plage
s’il était enfin l’heure
de taire le silence
jusqu’aux cris dans nos cœurs…

Kb

Par tout ce qui est tellement possible parfois

………..

par la part détournée qui m’est versée d’une autre étoile
et sa tension dans l’embrasure
par tout ce qui est tellement possible parfois
par l’ombre haute en haut des pierres
et des volutes bleues sérieusement tâchées
le chant de sa justesse un peu basse
et par le silence de leur beauté respectueuse
je t’aime ainsi
comme si l’air s’était gelé
sur les cordes fines du vent
et si les lignes mêlées d’une phrase
étaient une sorte de vêtement de bronze
si le mélisme emporté de sa tête
s’il était ce que j’avais envie de croire
jusqu’à l’apparence cuivrée d’une porte

Leezie

par l’impossible à vaincre

…………….

par la part de certitude accordée au rêve
et son immensité dans l’étroit de nos âmes
par l’impossible a vaincre
par l’oubli qu’il faut savoir accrocher
au silence investi des oiseaux
et leur longs cheveux noirs
témoignage du vent
je t’aime ainsi
comme la lune témoigne du soleil
sur l’étoffe noire du temps
et si le vêtement de bronze
était cette porte cuivrée
si dissimulé dans ma chair
s’il en était la clef
jusqu’à la fragrance des eaux claires d’un regard

kb

© Isabelle Servant et khalid benslimane

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6 réflexions sur “Duet

  1. Dans ce sombre et nostalgique cimetière, mes pas matinaux sont venus fleurir cette tombe vivante où l’épitaphe n’a d’égale que ce qui est marbré dessus : « Je t’aime ainsi ».

    Je n’oublierai jamais la génèse de ce duet de mots et de paroles. Le don est beau et l’inspiration est épique.

    Je t’aime Leezie !

    par la part détournée qui m’est versée d’une autre étoile
    et sa tension dans l’embrasure
    par tout ce qui est tellement possible parfois
    par l’ombre haute en haut des pierres
    et des volutes bleues sérieusement tâchées
    le chant de sa justesse un peu basse
    et par le silence de leur beauté respectueuse
    je t’aime ainsi

    par la part de certitude accordée au rêve
    et son immensité dans l’étroit de nos âmes
    par l’impossible a vaincre
    par l’oubli qu’il faut savoir accrocher
    au silence investi des oiseaux
    et leur longs cheveux noirs
    témoignage du vent
    je t’aime ainsi

    dima…Kbaratineur

  2. aah Dima, tu m’a ramené en arrière d’un beau voyage vers cette époque où j’étais encore poète
    grâce en soit rendue à Isabelle et à toi…l’une pour l’inspiration et l’autre pour la respiration 🙂

  3. Pour le coup de la respiration : tant que ce n’est pas un coup bas de ta part, j’encaisse et je me délecte.

    Sinon tu es toujours un poète : vu le crescendo du ton et les saccadées des vers imprégnés de « Et si… » et « Et par… ». On ne peut pas s’en défaire ; un peu comme la bicyclette ou aimer mais là je sais que tu me fais « marcher » !

    et si la mer allait
    de ses vagues retracer nos chemins
    sur le sable chaud d’une plage
    s’il était enfin l’heure
    de taire le silence
    jusqu’aux cris dans nos cœurs…

    dima…bourreau des silences

  4. Et ta foi ? Depuis ta confession à l’ombre de l’Arganier, le doute subsiste mais le plaisir de te lire est toujours là :

    Comme au temps des cerises je viendrais les mains sales recomposer ta nostalgie de l’ange.

    Par la porte étroite d’un paradis perdu qu’à l’aile d’eau radeau s’en vienne annoncer le printemps à l’odeur plutôt gnomique de mille et un cerisiers fleuris de fukushima.

    Que dansent labels, jamais les résolues sions ne réinventeront la bible quand l’accord se perd autour d’une table où les maures nés font pieds d’argent… nos bastilles, là, n’ont plus le goût d’antan et nos robes, es pierres s’effritent aux firmes amants d’un soir ne pensant qu’à en brasser l’art gens…

    Mon voisin à la voix craie au lait d’un sapin n’a plus l’atteinte de l’autre quand ma wazine, créole, me déhanche ses saints pour que ma foi revienne faire chier le monde sous l’ombre de ton arganier…

    A lest de mon cœur, (Moh la plume de l’Arganier), t’auras toujours l’estime d’un grand amateur d’un art que tu sauras toujours gagner

    dima…Mawazine ? Une culture au rabais !

  5. aaah Moh et sa prose particulière où s’entremêlent effluves et couleurs du pays profond. Sous la plume de son regard toutes les femmes sont belles et chacun de ses mots réveille en moi les morsures de la nostalgie du souvenir d’une séculaire appartenance… d’une fraternité craquelée d’où s’écoule le sang bouillonnant de cette mémoire collective à laquelle nous appartenons. En le lisant j’ai l’intime conviction que les arbres sont nos frères, les rivières nos soeurs et le ciel notre grande maison….

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