Sale temps pour un flic

Non ce n’est pas un roman de James Hadley Chase….

Quoi??

– ….

Non plus….vous avez tout faux ; ce n’est pas un polar de Simenon

-….

meuuuu non!!!…ce n’est pas non plus l’inspecteur Tahar

Ouais bon! Je sais qu’on est lundi, le premier lundi de la nouvelle année, que vous êtes fatigués, que vous avez douze mois de dur labeur dans les pattes même si vous ne bossez pas chez macaroni, que votre tante des Carpates…

– » c’est qui cette tante d’écart pattes??…tu parles de lhoussine…nan???…et puis on dit du beurre dans les pâtes et non la beurre dans les pâtes! »

excusez moi un p’tit moment…

je contemple le tas d’os parlant, empaqueté dans un ensemble de jeans qui n’avait plus de la couleur bleue qu’un vague souvenir d’océan, éternisé sur une photo noir et blanc…jaunie bien entendu…

go back in the time…

les dernières vacances de jeune fille de ma grand mère sur la plage de sidi moussa…à côté, le cachalot échoué sur la plage de bouznika c’était un morpion sur la couenne d’un éléphant.

Une vague jaunâtre efface l’image

Retour vers le futur

Je cherchai un rebond de chair ou foutre mon pied…mais rien que des angles

Je calmai d’un grattage furibond l’élan intempestif de mon botteur droit

l’osso, qui n’avait plus de bucco qu’une bouche à la langue bien pendue, assis sur le bord du trottoir, a une tête tout de même, qu’il daigne tourner vers moi le regard faussement inquiet, vu mon silence impromptu ( j’aime bien ce terme…classe non??)

– « j’ai dis quelque chose qu’y fallait pas?? » me Taxiphone le faux jeton en haussant les sourcils

je fustige du regard

le tas d’os qui portait fièrement le sobriquet de Momo, sans peur et sans reproche, soutenait en souriant mon regard ridicule qui se voulait féroce.

– « tu sais de quoi t’as l’air quand tu veux jouer au méchant?…un épagneul qu’a la chiasse!!! »

et vas y que je te rigoles à tout va

Abdel, qui philosophait du bout de son clou sur le mur, riait la hyène

Momo, riait la mouette

Je riait Lao Tseu…jaune et sagement

Et lhoussine, qui ne trouva rien de mieux que de se pointer à ce moment là en tortillant du croupion, souriait la vamp

Yeux doux, battements de cils et clin d’œil…un pack tout en un, promotion rien que pour moi

Délire dans la ménagerie

La hyène joue la tyrolienne

La mouette joue la sirène au pignon cassé de la caserne des pompiers

Finalement mon pied trouve réceptacle dans le rembourrage bas d’abdel qui me tourne le dos à moins d’une toise

Aïe! dièse

Fin de la symphonie pastorale…silence dans les gradins

Je disais donc que votre tante des Carpates ne vous ayant pas fait cadeau d’une boule de cristal, vous ne pouviez, en l’occurrence, deviner de qui il pouvait bien s’agir.

J’envoies donc le générique

Tan tan tan… ta ta tan……(like mission impossible)

La musique s’en va doucement mourir dans le fond de l’oreille d’un cul de jatte qui se traîne par terre en demandant l’aumône

Je lui balance une pièce

L’animal saute…double saut périlleux et t’attrapes la pièce avec les dents….

Si vous avez cru au précédent tableau c’est que vous êtes vraiment nunuche…non mais vraiment!!…double saut périlleux….n’importe quoi!!!

Allez on reprend !

je renvoie le générique

Tan tan tan… ta ta tan……(like mission impossible 2 )

La musique s’en va doucement mourir dans le fond de l’oreille d’un cul de jatte qui se traîne par terre en demandant l’aumône

Je lui balance une pièce

La pièce tournoie en l’air

L’estropié tend des mains noueuses pour la cueillette

-« Coupez!!! Coupez!!! »

quoi Momo?? Qu’est-ce qu’il y a encore??

-« j’aime pas la musique…ça cadre pas avec l’histoire« 

– » et ma pièce à moi?? »

l’estropié bras toujours tendus…

ouais bon! …Action!!!

la pièce reprend son vol

l’estropié n’as pas de bol. Au dernier moment j’ai décidé qu’il était aveugle

c’est dans l’égout que la pièce s’engage

le rampant dégage!

– «  t’es vraiment vache » me fait Abdel

pas plus que cette chienne de vie qui nous enfermait dans ce bout de rue avec un bout de mur pour tout décor…

c’est reparti pour une longue discussion

travelling arrière…

nos voix s’éloignent

un vent glacial se lève, se drape de feuilles et de sacs en plastique noir.

Il entame sa danse lugubre et de temps à autre, d’une caresse charriant toute la saleté de la rue, s’amuse à venir nous lécher, narquois, le visage d’une feuille de papier jaune.

Nos voix se perdent aux couleurs chatoyantes de l’automne qui se meurt aux braises d’un soleil rubescent …

Le rouge est une maison où l’automne se plaît à venir repeindre les saisons jaunies de nos souvenirs. Sur le mur, silencieux, se racontaient pourtant nos vertes années passées à rien faire.
Au bout de la rue une forme s’avance, la tête enfoncée dans le col relevé de son long manteau… gris, comme notre amertume qui trouvait son exutoire dans le regard des passants.

Ahmed, policier de sa profession…

Non! Pas celui de l’histoire …un autre

.

.

.

.

z’êtes encore là vous?? Eh ho c’est fini. Repassez une autre fois. Le scénario n’est pas encore au point….la faute à Momo, mais je vous promets un « sale temps pour un flic 2 »

allez bonne année

The End

générique désuet… sur la plage de Sidi Moussa

oh vive le vent, vive le vent
vive le vent d’hiver
qui s’en va sifflant, soufflant
dans les grands sapins verts…

oh vive le vent, vive le vent
vive le vent d’hiver
boules de neige et jour de l’an
et bonne année grand-mère…


© Lambdaoui

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