Sur une Clef de Sol….quelques notes……

Souvent on confond dans l’espace romanesque fiction et réalité, notamment dans la littérature féminine maghrébine d’expression française. Les romans rendent compte d’une société qui peut se rapprocher sans nul doute de celle qui peut exister dans la réalité .Des personnages ou des personnes peuvent avoir une existence réelle. Le réel et l’imaginaire se frôlent à tour de rôle, qu’il nous est parfois difficile de délimiter les frontières, d’accuser à coup sûr les débuts et les fins : le lecteur se pose des questions sans cesse.
Loin d’une littérature qui nous laisse indifférents, elle nous appelle souvent à réagir .L’auteur prend plus de libertés à s’exprimer dans une autre langue qu’il s’approprie .Il prend plus d’aise et d’audace pour traiter des sujets qui peuvent être taxés de « tabous ».Littérature où la parole devient féminine, une parole subversive qui témoigne d’un mal être d’ores et déjà présent sous forme de sujet comme la répudiation, la famille…..Une parole parfois rebelle, certaines écrivaines sont inclassables, l’écriture est alors plus féconde et riche. Une certaine sensualité, une blessure se dégagent de cet espace romanesque, non à travers les stéréotypes des personnages qui peuvent jalonner notre lecture de cet espace romanesque , mais plutôt à travers une écriture multiple parfois d’un même sujet. Entre récits autobiographiques et fictionnels, le lecteur découvre ostensiblement une parole qui va à l’encontre du silence, une violence déconcertante contre une identité déroutante. On narre une vie, un parcours qui semble bien exister dans la vie réelle. On est en présence de récits réalistes d’où cet effort de certains chercheurs de le qualifier de littérature autobiographique : la présence d’un « je » première personne du singulier comme narrateur, peut nous induire en erreur et nous pousser à conclure que c’est le « je » de l’écrivaine qui se cache derrière. Il est certes probable qu’il existe un va et vient entre ces deux mondes, entre personnage et écrivaine, mais sans plus.
La littérature féminine maghrébine d’expression française est une littérature qui se soulève contre les conventions, traditions, paraître, elle se veut une littérature de témoignage vivant. Elle est aussi une littérature où l’écrivaine ose, où il faut faire des choix douloureux, où l’identité au lieu de se camoufler derrière des barricades fausses, les met en lumière en s’adonnant à une sorte de jeu dénudation qu’on ne peut point étiqueter sinon d’un désir d’avoir la parole, d’une quête d’affirmation de personnalité, une sorte de plaidoirie pour la tolérance dans le but de s’affirmer.
Qu’importe si elle tient de l’autobiographie, qu’importe que la focalisation soit interne, externe ou autre, l’essentiel c’est que c’est une littérature qui met le doigt sur des revendications un peu inavouée, ou avouée de société qui se met sur la sellette, sous les feux de la rampe et qui se remet en question, un besoin irrépressible et incontrôlable pour s’auto analyser et d’ouvrir des débats constructeurs sur divers sujets. Une littérature pour le partage où les rapports humains nous bouleversent profondément, où il y’a des notes d’espoir.

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