J’aime ta couleur café

Ici ou là-bas, elle croyait que la vie serait différente .Sa solitude était sa seule compagne. Son errance, elle l’a traîné avec elle tel un troubadour à la recherche de quelque chose qui remplira sa vie peu rayonnante. Son voyage, cette fois, lui paraissait plus réel .Elle l’avait imaginé, rêvé et elle voulait le vivre. Oui, vivre, un mot qui au-delà des définitions qu’on lui octroie lui semble à l’instant même plus rempli d’espoir. EIle avait pris l’avion en se disant que c’était son dernier voyage : Le Canada est un beau pays où on se lasse jamais. Dans sa malle, eIle a pris quelque photos de famille : oh, elle se dit qu’elle aurait très peu de temps de les sortir de leur pochette. Son arrivée dans un aéroport comme dans un autre, à force de voyager, elle était devenue insensible à ce qui l’entourait, un peu blasée. Cette fois, c’est l’installation pour de bon dans un univers qu’il lui est devenu familier.
Au fil des jours, son regard vers l’arrière devient plus pesant : de ses photos, elle était devenue prisonnière ! Ce « moi » qui l’interpelle, cette identité un peu qu’elle allait chercher au fond d’elle-même. Ce long voyage qui la laissait sans force épuisée. Une douleur qui lui coupait le souffle : sa carapace tombait dans ces rares moments d’introspection. Humaine, sensible elle l’était jusqu’au bout des angles. Tel un arbre ancré dans une terre aride qui s’épanouit malgré la rudesse du climat. Des pensées houleuses l’habitaient, on lui apprit à cacher ses sentiments. Les sentiments sont des signes de faiblesse, mais elle lui arrivait de craquer……… Elle n’aimait pas ces moments là : elle préférait les ignorer
Cette autre qui l’interpelle qui lui semble venir de loin. Un cri, qui chaque fois, elle essayait de l’étouffer .Elle ne se reconnaissait pas. Elle se voulait autre …moins sensible.
Se sentir ballottée entre deux rives, entre deux identités tellement complémentaires. Ses rides qui faisaient son charme, lui sont une sorte de mémoire de peau. Elle s’amusait à se dire que la peau avait une mémoire des douleurs par lesquelles elle passe, plaise à celui ou celle qui leur trouve un certain attrait. Il y’a dans la vie ceux qui s’acharnaient à les effacer : trop de signes révélateurs d’âge qu’on tente par tous les moyens de camoufler, pourtant ses rides à elle sont son identité : elle serait perdu sans elles . Elles lui rappellent par quoi elle était passée, elle les prônait tel des médailles de guerre méritées. A bout de souffle, dans son retour en arrière, la peau se souvient de tout, des joies et surtout des peines. Le son du tic tac de son horloge, la tire peu à peu de son sommeil plein de démons. Ses démons à elle. Ils l’a traquent, elles les truquaient, trousser, truster pour se rassurer.

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