Tourisme ou tout risque?

L’aboutissement des négociations de l’Uruguay Round et la signature de l’accord du GATS intervenue en 1994 et ayant abouti à la création de l’OMC, n’a fait qu’accélérer le processus de globalisation qui caractérise aujourd’hui tous les secteurs de l’économie planétaire y compris le tourisme, déjà international par vocation.

D’ores et déjà, on estime que les pays industrialisés, qui ne représentent pourtant que 20 % des pays signataires de cet accord, bénéficient à hauteur de 70 % des revenus supplémentaires générés par cet accord.

Les effets de la globalisation se sont déjà fait sentir et s’accélèrent considérablement ces derniers temps notamment du fait des nombreux regroupements de multinationales. Ces méga entreprises tiennent parfois entre leurs mains les marchés de plusieurs pays et sont bien souvent plus puissantes que des gouvernements.

On observe déjà des privatisations massives dans les pays du Sud qui remettent des pans entiers de leur activité touristique à ces grandes multinationales occidentales dont toutes, à l’exception du français Accor, ont leur siège aux Etats Unis.

Les pays du Sud sont contraints d’ouvrir leurs frontières aux produits et services du Nord, en vertu d’une libéralisation du commerce. Ces importations sont payées en devises et aggravent un peu plus la dépendance de ces pays. Parallèlement, ces pays s’engagent dans le tourisme à outrance et, pour tenter de sortir des programmes d’ajustement structurel, ils développement des infrastructures touristiques souvent au détriment d’autres investissements plus urgents pour les populations locales.
A contrario, les pays du Sud n’ont quasiment aucun accès aux marchés du Nord en dépit de la libéralisation des échanges. Leur faible capacité d’investissement et une politique d’immigration très restrictive des pays du Nord freinent considérablement leurs implantations sur ces marchés.

La liste des méfaits de la globalisation ne s’arrête pas là. Présentée comme une panacée, un bienfait pour tous, la globalisation menace en réalité l’équilibre de notre planète au détriment bien entendu des pays en voie de développement. Malheureusement, le secteur du tourisme offre une des meilleures illustrations de ce que peut entraîner cette globalisation.

En d’autres termes même si l’on arrive à surmonter toutes les difficultés inhérentes aux grandes mutations actuelles dans le paysage touristique mondial et que le tourisme au Maroc connaisse les fastes d’une renaissance il s’avère quasi certainement que nous n’en tirerions que très peu, pour ne pas dire aucun, bénéfice puisque en fait nous n’aurions fait que travailler pour les autres.

kb…qui ne croit pas à l’amour universel en matière de tourisme

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s