La peur du loup

Il est vrai qu’au Maroc, le substrat d’une mouvance progressiste est « là » bien que larvé, mais bien présent et pressenti contradictoirement par un phénomène de non adhésion, ou plutôt de rejet, de toute forme classique d’institutionnalisation.
Cette « néo-mouvance » qui remet en cause la crédibilité des partis politiques, qui pour le moment seulement, met en « stand-by » l’alternative « islamiste » (car elle pourrait bien y avoir recours…cela dépendra de l’évolution des choses), qui ne s’identifie plus à la vision « makhzenienne », prolifère encore de façon anarchique sur des chemins alternatifs qui échapperont bientôt à toute forme de contrôle institutionnel tel que nous le connaissons jusqu’à présent.
Il est clair que le Roi ayant pressenti cette perte de contrôle à tenté de récupérer à son actif cette mouvance naissante coupant du même coup l’herbe sous les pieds du « makhzen » et des « islamistes », qui dans leur bras de fer à contrôler ce mouvement « moderniste » ne font en fait que le marginaliser encore plus avec tous les risque que cela engendre.
Dans son discours de juillet dernier, Mohamed VI semble inscrire sa réflexion exclusivement dans le champ démocratique et l’état de droit. Point de menace, point de bâton, il faut en prendre acte…il exhorte la société civile et les partis politiques à se mobiliser, dès maintenant, pour créer une dynamique forte en faveur de la démocratie active et de la prise en charge collective des problèmes cruciaux qui minent la société marocaine….encore faut-il que cette néo-mouvance prenne pleinement conscience de ses potentialités et que naisse le déclic qui la fera converger dans la bonne direction
Mais voilà : notre pauvre société civile à laquelle on fait constamment appel est dans un tel état d’égarement qu’elle se trouve dans l’incapacité totale de créer cette synergie nationale, capable d’endiguer les deux courants qui se la disputent à savoir l’islamisme et le makhzen, ne sachant plus très bien lequel d’entre eux est le loup. Bien entendu ce n’est pas les initiatives qui manquent (les actions individuelles et collectives se multiplient en faveur de l’émancipation des femmes et des hommes) mais la dispersion est telle qu’elle se retrouve toujours dans l’incapacité à dégager un substrat idéologique commun pour la souder. Donc pas de formation politique hégémonique pour fédérer ses actions, et surtout pour drainer les foules et les suffrages ; pas de projet politique commun pour générer une dynamique nécessaire décisionnelle . Elle ne semble même pas avoir un enjeu commun : elle a juste peur de l’islamisme…faut-il encore qu’il soit ce loup.

kb…agneau silencieux

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