ANNONCEURS/ PRESSE : Des chèvres et des choux


Durant ces dix dernières années, un tas de revues spécialisées ont tenté de voir le jour au Maroc mais ont du rapidement mettre la clef sous le paillasson à cause d’un lectorat majoritaire (celui qui renfloue les caisses et assure la pérennité de toute activité médiatique)qui présente des signes de fatigue évidents au bout de la dixième ligne d’un article.
Loin de moi l’intention de défendre le journalisme « bovin », mais force est de constater que le taux d’analphabétisme « en vigueur » ( oui messieurs dames…en vigueur.. puisque voulu et maintenu dans son état actuel) limite en conséquence une production qualitative journalistique. J’ai souvent vu des représentants de ce lectorat potentiel se mettre à trois pour lire en une demie journée cet article que vous allez, bons comme vous êtes, parcourir dans tous les sens que nous offre la géométrie euclidienne en moins de cinq minutes, pour essayer d’en comprendre le contenu avec une marge d’erreur de 30 à 50%.
N’ont résisté des zouaves de l’histoire au jour le jour que ceux ayant su mettre une bride à leurs élans rhétoriciens quand la marge bénéficiaire l’imposait.
Un des autres secrets assurant la longévité médiatique aux feuilles de choux et emballages à salades est de savoir préserver les susceptibilités des « gros » annonceurs. Y a-t-il sur le marché un journal à gros tirage capable de critiquer ouvertement I.A.M? Y a-t-il sur le marché un journal à gros tirage capable de critiquer ouvertement RAM? Vous pensez bien que non. Ces professionnels de l’information ont tout de même des principes : »ne pas mordre la main de ceux qui les nourrissent » quand bien même cela se fasse au détriment des règles déontologiques régissant la profession et de la vérité tout simplement…et puis la vérité qu’en ont à faire cette majorité d’illettrés!
Pourtant il y avait beaucoup à dire sur la cession de Maroc Télécom suivi de la mise sous tutelle exogène de l’ANRT qui venait mettre la tête sur le billot à notre patrimoine « allôtique ». Nous n’avons plus aucun pouvoir décisionnel sur nos propres télécommunications et personne ne s’aventure à commenter le côté pernicieux de la chose.
Il y aussi beaucoup à dire sur la RAM et le conflit actuel en train de miner l’industrie aéronautique dans notre pays. Personne de la presse nationale n’accorde toute l’importance qu’il se doit à ce mouvement de grève entamé maintenant depuis près de trois mois et qui semble s’être engagé dans une ornière, avec toutes les conséquences néfastes induites. Sans m’étendre sur la part des responsabilités qui incombe à chacune des deux parties dans l’état actuel des choses, je me limiterai à dire que la presse aurait pu, par une intervention « impartiale » plus adéquate, servir de catalyseur à ce dialogue en rupture qui mène immanquablement l’issue du conflit vers une situation où il n’y aura que des perdants.
D’autant plus qu’une telle initiative – un devoir national – loin de s’apparenter à une morsure, aurait au contraire rendu un grand service à tout le monde.
Faut-il donc que nous soyons devenus chèvres pour que l’on continue à nous gaver de ces feuilles de choux?

kb…de la gazette du bovin

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