Desiderata apolitique


Comme j’en avais parlé dans un post antérieur dans lequel j’annonçai le programme des mois à venir, et après avoir consommé, non sans quelques embardées poétiques, le mois de la nouvelle, nous voici en plein dedans du mois de la rentrée, présagé comme propice au discours politique. Et en cette matière, comme dans tant d’autres, j’ai le vilain défaut de transcender dans mon approche analytique… donc je vous préviens, je ne vais pas y aller avec le dos de la cuillère

Pouvons nous survivre (vivre est un concept inconnu de la majorité marocaine), en tant que nation, sans roi?

Toute la problématique socio-politique marocaine réside à juste titre dans ce questionnement.
Je ne sais pas si vous mesurez toute la portée dramatique de la chose mais ce questionnement viens mettre le doigt exactement sur cette protubérance maladive qui obnubile toute la perception identitaire, politiquement parlant, qui engendre ce que l’on pourrait appeler « le besoin d’illusion des classes moyennes ».

Je suis certain que beaucoup d’entre vous effleureront cette altération perceptive en qualifiant l’attitude réactionnaire du peuple comme conséquente à la peur…oui la peur. Seulement nous sommes nous demandés (je m’inclus dans le lot de la classe moyenne) ce que nos peurs masquaient de nos désirs? Dans une approche globale (plus sociologique que politique) observons comment nos désirs avaient fait germer nos peurs. Si je désire être dans les bras de ma mère, j’ai peur qu’elle ne me repose dans mon berceau. Si je souhaite posséder quelque chose, je crains de ne pas l’obtenir ou de le perdre. Peur et désir sont comme concave et convexe, l’un ne va pas sans l’autre…

Et comme les extrêmes se rejoignent, j’ai aussi peur de ce que je désire ardemment. Lorsque j’ai peur de vivre, j’ai peur de ne pas avoir peur de vivre…je me méfie de mon désir, je ne fais pas confiance au jaillissement de la vitalité qui est en moi. Je suis infidèle envers moi-même et je finis par m’enraciner dans la croyance que c’est ma peur qui me trahit!
Nous ne pourrons nous débarrasser de nos peurs sans nous libérer de nos désirs. Nous croyons en être libre parce que nous les avons travestis. En quoi? En peurs! Le seul chemin qui nous guidera vers l’unité à laquelle nous aspirons, c’est de reconnaître nos désirs et de les vivre.
Ainsi, dans ce travail inconscient de travestissement de nos désirs et aspirations profondes en matière de jouissance de nos droits sociaux, nous avons greffé aux plus puissants pourvoyeurs d’illusions du système capitaliste que nous subissons, l’illusion ultime d’un garant en la personne du ROI, position que le système monarchique s’est évertué avec talent à ancrer irrémédiablement en constitutionnalisant sa sacralisation.

Le système scolaire et universitaire entretient l’illusion de l’égalité des chances des enfants en matière de réussite et de promotion. Le système médiatique entretient l’illusion du pluralisme d’opinion et de la liberté d’expression. Le système politique entretient l’illusion que le véritable pouvoir est encore politique, et la présence du roi entretient l’illusion de la garantie de cette architecture.

Dès lors notre esprit peut concevoir, voir accepter, la substitution d’un des systèmes sus cités tant qu’il y a au dessus un garant qui préserve le respect de nos droits dans tout nouveau système alternatif, mais peut difficilement, voir pas du tout, accepter la substitution du garant.

Alors! Pouvez vous me répondre? Avez vous peur de ce que vous désirez vraiment?

Personnellement je ne puis vous répondre que ceci : Vivre ses désirs, c’est peu à peu les structurer pour y découvrir dans la transparence de l’attention, le désir plus profond qui nous anime, la soif plus vive qui nous met en chemin. Ce désir là ne connaît pas son contraire; il ne connaît pas la peur…et surtout n’a pas besoin d’un garant puisque nous sommes les seuls garants de ce que nous voulons être.

kb…assureur sans garanties

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